Pour les ex-Lejaby, “les pouvoirs publics n'ont pas fait assez de choses”

Yssingeaux (Haute-Loire), le 27 janvier 2012, symboles du Made in France, les ouvrières de Lejaby se battent pour éviter la fermeture de leur usine. En pleine campagne présidentielle, elles recevront notamment la visite du président-candidat Nicolas Sarkozy quelques temps après celle du futur ministre socialiste du redressement productif, Arnaud Montebourg. / © AFP PHOTO /THIERRY ZOCCOLAN
Yssingeaux (Haute-Loire), le 27 janvier 2012, symboles du Made in France, les ouvrières de Lejaby se battent pour éviter la fermeture de leur usine. En pleine campagne présidentielle, elles recevront notamment la visite du président-candidat Nicolas Sarkozy quelques temps après celle du futur ministre socialiste du redressement productif, Arnaud Montebourg. / © AFP PHOTO /THIERRY ZOCCOLAN

Elles ont été le symbole du combat pour le "Made in France" dès janvier 2012. Un après avoir combattu contre la fermeture de leur usine à Yssingeaux (Haute-Loire) les ex-ouvrières de Lejaby ont repris le travail, loin des caméras.

Par Stéphane Moccozet

Il y a un an, les ouvrières de Lejaby allaient devenir le symbole d'un combat pour le "made in France". A la mi-janvier, elles apprenaient que leur atelier d'Yssingeaux, en Haute-Loire, allait fermer. Il n'intéressait pas le repreneur de l'entreprise de confection. Les 93 salariés, majoritairement des femmes, allaient alors se battre contre cette fermeture et profiter d'un contexte particulier qui précède des élections présidentielles pour sauver leurs emplois.

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La saga Lejaby
L’usine d’Yssingeaux en Haute-Loire était devenue le symbole du made in France face à la mondialisation. Les ouvrières avaient occupé le devant de la scène pendant toute la campagne présidentielle. Une saga signée Pascale Félix


Un an plus tard, la plupart des ex-Lejaby travaillent aux Ateliers du Meygal. Il est toujours question d'industrie du luxe, mais l'activité a changé. Elle se concentre dorénavant sur le cuir et les ateliers sont sous-traitants du groupe Vuitton.

Trois questions à Bernadette Pessemesse, déléguée CGT de ex-Lejaby

Bernadette Pessemesse, déléguée CGT des ex-Lejaby / © Gérard Rivollier: Un an après, quels sont les souvenirs qu'il vous reste?
Bernadette Pessemesse: Le mauvais souvenir, c'est d'avoir perdu l'emploi Lejaby. C'est vrai qu'il y a encore de l'amertume dans l'entreprise. J'entends encore des collègues qui disent qu'il ne s'est pas fait assez de choses au niveau des pouvoirs publics pour conserver Lejaby. Mais à côté de cela, j'ai le bon souvenir de Vincent Rabérin quand il est arrivé pour annoncer qu'il reprenait l'ensemble des salariés.

Il y avait 93 salariés, essentiellement des femmes chez Lejaby et ce qui nous a marqué, nous journalistes, pendant le conflit, c'est cet esprit d'unité et de solidarité. Il semblerait que ça ne soit plus tout à fait le cas et que ce soit un peu le "chacun pour soi" qui domine aujourd'hui. Qu'en est-il vraiment?
Ca ne peut pas être la même ambiance, malgré tout. On était en conflit, maintenant on est au travail. Dans l'entreprise, on est dispersés d'une autre façon qu'à l'époque Lejaby. Ce n'est pas le même travail et il faut se concentrer sur ce que nous avons appris, sur ce nouveau métier.

Comment voyez-vous l'avenir?
L'avenir, je vois que monsieur Vincent Rabérin embauche des salariés. Il y a 20 personnes qui sont en formation au GRETA. Il y en a dix qui vont rentrer dans l'atelier le 21 janvier et il y aura une autre vague de dix salariés en février qui vont rentrer au GRETA.

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ITW de Bernadette Pessemesse
Bernadette Pessemesse (CGT) interrogée par Gérard Rivollier

 

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