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Christophe Henner : “les informations contenues dans l'article sont sorties d'un reportage vidéo dans lequel sont interrogés des officiers de l'armée”

Lundi soir, Christophe Henner était l'invité de France 3 Auvergne. Le vice-président de Wikimédia France a donné sa version des faits dans le litige qui oppose Wikipedia à la DCRI autour d'une page consacrée à une installation militaire du Puy-de-Dôme. Un entretien à lire ici.

Par France 3 Auvergne

Christophe Henner est vice-président de Wikimédia France. La fondation s'occupe de promouvoir l'action de Wikipedia sur le territoire français. Lundi soir, il était l'invité du journal de France 3 Auvergne en duplex depuis notre bureau d'Aurillac. Interrogé par Jean-Paul Vincent, il est revenu sur les événements qui ont précédé le buzz autour de l'antenne militaire de Pierre-sur-Haute, située sur la commune de Job dans le Puy-de-Dôme. Le renseignement français avait exigé, en fin de semaine dernière, le retrait de la page qui lui était consacrée sur Wikipedia. Une demande faite de manière "menaçante et intimidante" selon la fondation qui a eu pour principale conséquence de générer une audience record pour une page jusque-là peu consultée. 

La page existe depuis 2009, on peut dire que le renseignement français a mis le temps…
Oui, ils ont mis du temps à se rendre compte que la page existait.
 
Cette page contient-elle véritablement des informations sensibles ou bien c'est une paranoïa du renseignement français ?
C'est un peu le problème car aujourd'hui on ne sait pas si les informations que contient l'article relèvent justement du secret-défense. Ce qu'on sait, en revanche, c'est que la page existe depuis 2009 et que les informations contenues dans l'article ne sont pas issues d'une investigation mais sont sorties d'un reportage vidéo dans lequel sont interrogés des officiers de l'armée qui sont sur cette base, qui explique le fonctionnement de la base et qui la font visiter.
 
Pourquoi avoir refusé quand la DCRI vous l'a demandé ?
En fait, la demande a été faite à l'hébergeur qui n'est pas Wikimédia France mais qui est une fondation américaine : Wikimédia Foundation. La demande a été faite sans injonction judiciaire donc l'hébergeur a souhaité avoir cette injonction pour bien montrer que le demande de suppression s'est faite dans un cadre juridique défini et que ces données relèvent bien du secret-défense. Quand l'hébergeur reçoit ces demandes-là, c'est sous sa responsabilité de les appliquer ou pas si les preuves sont cohérentes ou pas avec la demande.
 
Un responsable de Wikimédia France a accepté d'effacer cette page, selon vous, sous une pression assez insistante. On a insisté jusqu'où ?
En fait, il a été convoqué à la DCRI sans motif apparent. Comme on a l'habitude de les rencontrer pour leur expliquer le fonctionnement de Wikipédia, il s'y est rendu de bonne volonté. Une fois sur place, les agents de la DCRI lui ont demandé de supprimer l'article. Le contributeur leur a expliqué que ce n'était pas de sa responsabilité puisque il s'agissait d'une demande strictement éditoriale et qu'il n'avait pas ce droit là. Face à ces explications et ce refus de supprimer l'article, les agents de la DCRI lui ont dit que s'il refusait il serait mis en garde-à-vue pendant 48 heures puis mis en examen. Il a préféré supprimer la page.
 
Cette page a ensuite été remise en ligne par un internaute suisse. N'importe qui peut le faire ?
Sur la version francophone de Wikipédia, il y a environs 180 administrateurs qui ont la capacité technique de supprimer ou restaurer des pages.
 
On en est où ce soir ? La page est toujours là, on peut la consulter, j'imagine que la demande de la DCRI court toujours ?
Depuis jeudi dernier, il n'y a eu aucune relation que ce soir avec la DCRI ou le Ministère de l'Intérieur. Leur demande n'a pas été réitérée. Si ils la réitèrent en suivant la bonne procédure, bien évidemment la demande sera considérée et après l'hébergeur décidera si oui ou non la page doit être supprimée.
 
Combien de personnes ont consulté cette page depuis le début de l'affaire ?
On doit dépasser les 130 000 personnes au final alors qu'auparavant elle était vue une dizaine de fois par jour, et qu'en français. Depuis samedi, elle a été traduite dans une vingtaine de langues.

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