La médiathèque de Blanzat (63) fête le centenaire du poète Aimé Césaire

FRANCE (MARTINIQUE), Fort-de-France : Photo prise en 2003 du poète martiniquais Aimé Césaire posant à la mairie de Fort-de-France. Maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, député de 1946 à 1993, président du conseil régional de Martinique, il a fondé le Parti progressiste martiniquais, dont il a quitté la présidence en 2005. L'état de santé du poète Aimé Césaire, 94 ans, hospitalisé depuis le 09 avril 2008 à Fort-de-France, était "inchangé" et "toujours préoccupant", a indiqué le 16 avril 2008 le CHU de Fort-de-France. / © AFP PHOTO SILVER SIMPHOR
FRANCE (MARTINIQUE), Fort-de-France : Photo prise en 2003 du poète martiniquais Aimé Césaire posant à la mairie de Fort-de-France. Maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, député de 1946 à 1993, président du conseil régional de Martinique, il a fondé le Parti progressiste martiniquais, dont il a quitté la présidence en 2005. L'état de santé du poète Aimé Césaire, 94 ans, hospitalisé depuis le 09 avril 2008 à Fort-de-France, était "inchangé" et "toujours préoccupant", a indiqué le 16 avril 2008 le CHU de Fort-de-France. / © AFP PHOTO SILVER SIMPHOR

A l'occasion du centenaire de la naissance d'Aimé Césaire, la toute nouvelle médiathèque de Blanzat inaugurée en janvier dernier et qui porte le nom de l'écrivain martiniquais, ne pouvait manquer de présenter une exposition consacrée à cette grande voix du xx éme siècle.

Par Valérie Mathieu

La médiathèque Aimé Césaire veut faire mieux connaître à son public l'homme qui lui a donné son nom. Différents chemins sont possibles pour accéder à un auteur, le livre bien sûr mais aussi les nouvelles technologies et l'équipe de la médiathèque a voulu créer un parcours de textes, de photos, de vidéos, de sites web et promener le visiteur au coeur de l'oeuvre du grand poète Martiniquais.

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Exposition Aimé Césaire


Dans cette tâche, le conservateur Bernadette Buisson, le scénographe Jean-Michel Fiori et la responsable des animations culturelles Valérie Le Postec ont été aidés et soutenus par l'écrivain Daniel Maximin.
Né à la Guadeloupe, Daniel Maximin est poète, romancier et essayiste. Il a été l'élève puis l'ami de Aimé Césaire et l'a connu pendant près de quarante ans. Il a collaboré à l'édition des recueils du grand poète et son prochain récit "Aimé Césaire, frère volcan" sortira en juin 2013 aux édition du seuil.
Après nous avoir lu quelques vers du poème "Calendrier lagunaire" il a répondu à quelques questions sur le poète et l'homme politique qu'il a accompagné pendant si longtemps.

J’habite une blessure sacrée
j’habite des ancêtres imaginaires
j’habite un vouloir obscur
j’habite un long silence
j’habite une soif irrémédiable
j’habite un voyage de mille ans
j’habite une guerre de trois cent ans...

Daniel Maximin, pourquoi avoir choisi de nous lire cet extrait?
"J'habite" c'est important parce que pendant longtemps, on a beaucoup dit aux gens des Antilles qu'ils n'existent pas, qu'ils sont des débris de synthèse comme aimait à le dire Aimé Césaire et qu'en réalité ce que montre son oeuvre mais aussi la création de nos Amériques c'est que nous avons fait une synthèse avec ces débris et que nous habitons le monde. Nous habitons ce qu'il appelle un des plus petits cantons de l'univers par exemple sa Martinique ou ma Guadeloupe mais le monde entier s'y trouve, un peu comme une arche de Noé, avec quatre continents : l'Europe qui est venue, qui a colonisé, l'Afrique qui a donné les populations, l'Amérique à travers les civilisations Amérindiennes présentes et même l'Asie qui est venue en plus comme si elle manquait, il y a une forte population venue d'Inde. Donc quatre mondes pour faire une île et ce sont les opprimés qui ont fait ce travail de résistance, de métissage, de re-création avec une chose très importante qui est l'aide de la nature. Elle a fourni à ceux qui luttaient, de l'eau, des fruits et leur a permis de se sentir chez eux dans ce monde, une fois qu'il a été libéré.
On parle beaucoup de l'engagement politique de Césaire mais quand on lit son oeuvre, on est d'abord séduit par la richesse extraordinaire de sa langue
Oui et c'est une richesse qui ne doit pas faire peur : c'est une musique, ce n'est pas une explication de texte. La poésie parle à n'importe qui et c'est nous qui avons peur d'ouvrir les livres, alors que chaque poème est une offrande à condition de se mettre dans la disposition d'esprit de la recevoir. Il faut se laisser prendre par la parole, ces poèmes sont comme des images. Le poète part d'une image, d'un fait quotidien qui devient universel parce qu'il devient poème, parce qu'il devient phrase, et alors on part avec et on vit avec.

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Daniel Maximin nous parle d'Aimé Césaire

 

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