Primaire UMP à Lyon : Paris brouille-t-il les cartes ?

© France 3 Lyon
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A 24h du débat qui opposera sur le plateau de France 3 les deux finalistes des primaires UMP à Lyon, la suspicion d'une main mise de l'état major parisien de l'UMP sur l'issue du scrutin est là. M. Havard y voit  "une stratégie nationale" décidée à Paris. G. Fenech et ses alliés s'en défendent. 

Par Philippe Bette

Le climat entre les deux finalistes de la primaire UMP pour les élections municipales à Lyon s'est soudainement tendu entre le député Georges Fenech et le leader de l'opposition au conseil municipal de Lyon, Michel Havard, faisant redouter à certains la réédition du psychodrame qui a entouré la primaire parisienne.

Dimanche soir, à l'issue du premier tour qui avait vu M. Havard, 46 ans, arriver en tête devant M. Fenech, 58 ans, avec respectivement 40 et 35% des voix, tout le monde à l'UMP s'était félicité de la bonne organisation du scrutin, qui a mobilisé 4.345 votants, et du caractère serein du débat entre les 5 postulants. Le secrétaire général Jean-François Copé avait salué, dans un communiqué, "l'ensemble des candidats qui ont montré une image positive de notre famille politique" malgré le "climat de compétition légitime".

Mardi encore devant la presse, les deux finalistes affichaient leur volonté de "rassemblement" affirmant n'avoir qu'un adversaire, le maire PS de Lyon Gérard Collomb, et évitant soigneusement d'afficher leurs différences politiques. A peine une heure plus tard, le beau scénario virait sérieusement à l'aigre, avec d'abord l'annonce conjointe des trois candidats éliminés au premier tour de leur ralliement à Georges Fenech, puis un communiqué au vitriol de Michel Havard dénonçant de "petits arrangements". "J'en déduis que les promesses et les ambitions personnelles sont plus fortes que les convictions", déclarait l'ancien député, visant sans les nommer Emmanuel Hamelin (14% au 1er tour) et la députée européenne Nora Berra (9%).

La main de Paris

Michel Havard en est persuadé: derrière ce ralliement, il y a "la main de Paris". "C'est une stratégie nationale qui se met en place et qui se mêle de l'élection lyonnaise", a-t-il affirmé à l'AFP. "Je n'accuse personne, mais je suis un militant assez aguerri pour savoir que si les élus lyonnais ne se retrouvent ensemble pour le second tour, c'est qu'il y a eu des consignes", ajoute-t-il, faisant implicitement référence au fait que,de tous les candidats, Georges Fenech, élu de la 11e circonscription du Rhône (Givors),est le seul à ne pas être élu municipal à Lyon.

"C'est totalement faux, rétorque l'intéressé. Il n'y a eu aucune intervention parisienne et Emmanuel Hamelin et Nora Berra se sont prononcés en toute indépendance. Cela a été une discussion lyonnaise et uniquement lyonnaise", a-t-il dit à l'AFP.Nora Berra, qui parle d'une "rumeur totalement infondée", comme Emmanuel Hamelin qui "ne voit pas en quoi Paris aurait pu (nous) mettre la pression", assument eux une décision mûrement réfléchie et prise en commun sur des enjeux purement locaux. "Notre ralliement est le fruit d'une réflexion sur notre capacité à reconquérir Lyon, et nous ne pourrons gagner que si nous touchons le plus largement l'électorat de droite, a déclaré l'ancienne secrétaire d'Etat à la Santé. On ne renie pas nos différences, mais nous pensons que c'est l'addition de nos sensibilités et de nos images qui nous donnent le plus de chances de battre Gérard Collomb en 2014", a renchéri M. Hamelin.

Si elles redoutent des "dérapages", les instances locales de l'UMP s'efforcent de minimiser, évoquant "le jeu des primaires". "Il est normal que des candidats pas qualifiés donnent leur avis. Il faut déstresser avec ça", indiquait-on dans l'entourage de M. Copé.
      

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Primaires UMP: La main mise de Paris ?

 

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