Un colloque à Vichy pour penser la campagne de demain

Alors que la cité thermale accueille le premier colloque national sur l'avenir des territoires ruraux, quels sont les atouts de la campagne aujourd'hui, quel modèle de développement choisir ? Le point de vue du sociologue Jean Viard

A l'heure de la révolution informatique et de la révolution verte, les campagnes ont des cartes à jouer pour préparer l'avenir, selon le sociologue Jean Viard
A l'heure de la révolution informatique et de la révolution verte, les campagnes ont des cartes à jouer pour préparer l'avenir, selon le sociologue Jean Viard © Photo France 3 Auvergne
"Campagnes, le grand pari",  c'est le thème du colloque organisé jeudi 6 juin à Vichy. Près de 400 personnes réfléchissent à l'avenir de nos campagnes. Parmi les intervenants, Cécile Duflot, Ministre de l'Egalité des Territoires et du Logement, des élus, des acteurs économiques ou encore le sociologue Jean Viard, qui nous a accordé une interview.
Le sociologue Jean Viard lors du colloque sur les territoires ruraux le 6 juin à Vichy
Le sociologue Jean Viard lors du colloque sur les territoires ruraux le 6 juin à Vichy
- Quelle est la place des campagnes aujourd'hui ?

JV : "La révolution informatique est en train de tout changer avec le haut débit, il n'y a plus de bon et de mauvais lieu (...) Elle est en train de bouleverser cela extrêmement profondément. C'est un processus qui commence. Dîtes-vous qu'un homme sur deux sur cette planète a un téléphone portable, c'est quand même assez extraordinaire ! Il faut se dire aussi que l'économie du tout-fossile est finie. Il y aura toujours une économie fossile, du pétrole, du gaz, mais de plus en plus, on est face à un nouveau pari agricole tout à fait essentiel, une agriculture sans doute encore plus scientifique, plus écologique, mais qui va produire de la nourriture, de l'énergie, du vêtement. Ca va prendre 5,10  ou 15 ans, et ça va se réorganiser partout. Donc, il y a des atouts : la révolution informatique, cette nouvelle révolution verte et un désir des gens de vivre dans les petites villes, d'avoir du lien social, de la proximité. Avec tout cela, comment fait-on ? C'est ce qu'on est en train de se demander aujourd'hui, avec les départements français les plus ruraux".

- Est-ce que toutes les campagnes de France sont logées à la même enseigne ? Est-ce que toutes sont aussi attractives ?

JV: "Non, il faut dire les choses clairement. La population française a beaucoup glissé vers les grandes régions de tourisme comme la Provence par exemple, autour de Nantes ou Grenoble. Elle s'est diffusée d'abord massivement dans les campagnes mais autour des villes, et puis massivement dans les grandes régions touristiques. On ne parle pas (NDLR à Vichy) du Vaucluse, du Lubéron ou des Alpilles, on parle de la campagne dite profonde, mais je ne veux pas employer ce terme, de ce monde rural qui, pendant longtemps, s'est défendu et c'était normal. Les élus ont souvent pleuré pour avoir des subventions, des aides. Aujourd'hui, il faut faire un modèle de développement. Il y a 15 millions de Français qui vivent dans ces 30 départements très ruraux. Ils pèsent autant que l'Ile-de-France. Il faut se mettre à travailler ensemble, avoir des projets communs. Par exemple, je plaide pour que ces 30 départements achètent des grandes cités universitaires à Paris, pour que, si l'on habite dans l'Allier, on puisse aller faire des études à Paris. Il faut qu'on ait des projets communs et que ce soit une force politique qui se construise avec ces 15 millions de Français représentés par les départements".

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