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Tuerie de Chevaline : La piste de l'espionnage industriel tient-elle ?

© Desmazes/AFP
© Desmazes/AFP

La piste de "l'espionnage industriel" fait partie des options envisagées par les enquêteurs dans la tuerie de Chevaline. La victime principale détenait beaucoup plus de données que son seul emploi ne justifiait, selon le procureur d'Annecy,mais elles n'avaient pas vraiment de valeur spécifique.

Par Philippe Bette

Le procureur d'Annecy, Éric Maillaud, a évoqué vendredi la piste de "l'espionnage industriel et du transfert de technologies" parmi les raisons ayant pu conduire à la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), qui a fait quatre morts en septembre 2012.

Une des victimes, "Saad al-Hilli, avait en sa possession beaucoup plus de données que son seul emploi ne justifiait", a déclaré M. Maillaud au cours d'une conférence de presse franco-britannique destinée à faire le bilan d'un an d'enquête."Pour l'instant, on nous dit que tout ça n'avait pas de véritable valeur marchande", a-t-il toutefois précisé.

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, Britannique d'origine irakienne de 50 ans,avait été tué de plusieurs balles avec sa femme et sa belle-mère au cours de leurs vacances sur les bords du lac d'Annecy. Un cycliste de la région, probable victime collatérale, avait également été abattu, mais les deux filles du couple al-Hilli avaient survécu.

"Saad al-Hilli était un ingénieur brillant" qui travaillait pour une entreprise anglaise spécialisée dans les satellites civils (météo, surveillance des cultures),a rappelé M. Maillaud."Son entreprise travaillait pour de nombreux États étrangers (...). Qui dit États étrangers et espionnage industriel peut aussi indiquer l'intervention de services secrets", a-t-il ajouté. "C'est un pan de l'enquête extrêmement complexe, qui va demander énormément de temps, qui n'aboutira peut-être pas mais l'enquête est loin d'être close sur ce sujet", a estimé le procureur.

Conf de presse tuerie Chevaline


Deux autres pistes

M. Maillaud a mis cette piste sur le même plan que les deux autres pistes principales: le conflit entre Saad et son frère au sujet de l'héritage paternel et la piste irakienne. Sur cette dernière piste, M. Maillaud a souligné que Khadem al-Hilli, le père de Saad, possédait un patrimoine important dans son pays d'origine, notamment une maison et un terrain dans un quartier huppé de Bagdad.    En 2004, ses deux fils, Saad et Zaïd, avaient entrepris des démarches pour récupérer le patrimoine de leur père, selon M. Maillaud.

"La question se pose de savoir si ceux qui en Irak se trouvent actuellement à la  tête du patrimoine du père n'avaient pas intérêt à ce que les deux frères al-Hilli disparaissent parce qu'ils souhaitaient récupérer ce patrimoine", a expliqué M.Maillaud.

Une commission rogatoire internationale a été adressée à l'Irak en novembre 2012 en vue d'obtenir des informations à se sujet mais elle n'a toujours pas été exécutée par les autorités judiciaires irakiennes.

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