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Procès Toury : “L'enrichissement personnel n'a jamais été le moteur. Le moteur, c'est l'entreprise.”

Annette Montfollet et Jean Toury au coeur des plaidoiries de la défense, jeudi après-midi
Annette Montfollet et Jean Toury au coeur des plaidoiries de la défense, jeudi après-midi

Quatrième et dernier jour d'audience au procès Toury à Clermont-Ferrand ce jeudi. Une journée consacrée aux plaidoiries de la défense, celle des 7 salariés poursuivis, mais surtout celle de Jean Toury et de sa soeur, Annette Montfollet. Le jugement a été mis en délibéré au 12 février.

Par Richard Beaune

"Redonner de l'âme à un dossier complexe", c'est ce à quoi se sont attachés les avocats de la défense aujourd'hui. Ils le rappellent, Jean Toury et sa soeur Mme Monfollet ont été "pris dans un système". Les défenseurs réfutent les accusations d'escroquerie et tentent de démontrer que le seul but des dirigeants était de sauver l'entreprise. Tâche difficile à laquelle s'attèlent les avocats, notamment en redonnant de l'humanité aux deux principaux accusés.

Ils le rappellent, l'histoire de la laiterie commence en 1916, par le tour des exploitations avec une brouette et un pot à lait. La success story familiale se dessine peu à peu, génération après génération. En 2007, la laiterie Toury, ce sont 500 salariés et 850 producteurs de lait. Et Me Collet, l'avocat de Jean Toury, s 'empresse d'ajouter : "Je ne voudrais pas que le tribunal pense que Toury, c'était Germinal ! Toury, c'est celle qui embauchait les gens du coin". Mais le poids familial se ressent. Me Langlais, avocat de salariés, le confirme à la barre : "L'ombre omniprésente du patriarche pèse lourdement sur cette procédure". ​Le patriarche, c'est Raymond, le père de Jean et Annette, et peut-être celui du système.

Le début de la fin

Maître Collet reprend ensuite l'histoire de Jean, pour mieux comprendre le contexte. "En 1973, Jean Toury a 24 ans, il a fait l'école du Lait à Nancy et se retrouve face à un système qui existe, il va falloir s’accommoder". Et il rentre dans le système.  Dans les années 2000, la situation se dégrade, le système, lui, continue. Ils étaient alors 3 aux commandes de l'entreprise : Jean, Annette et Michel, le petit frère. Chacun sa branche, chacun son rôle. En 2003, avec le décès de Michel, la situation s'aggrave, c'est "le début de la fin". Mais il n'était pas possible de laisser couler l'affaire familiale. Pour Me Collet, il s'agit d'"une dévotion de la famille Toury à l'égard des ancêtres. Il s'est accommodé d'un système." Avant d'ajouter : "L'enrichissement personnel n'a jamais été le moteur. Le moteur, c'est l'entreprise. C'est ça l'origine du dérapage"

Aux côtés de Jean Toury, sa soeur Annette reste discrète. Elle qui reconnaît ses responsabilités depuis le début du procès ne bouge pas. Et son avocat, Me Canis,n'hésite pas à commencer sa plaidoirie par le mot "honneur", avant de rappeler qu'elle seule a réclamé le non-lieu pour les salariées mises en cause, preuve de son humanité. Et de se retourner vers les représentants des banques, en les mettant face à leurs responsabilités. "Est-ce que lorsque l'on est banquier et que l'on engage des millions, on fonctionne à la confiance ou à la vigilance ?" Certes, sa cliente est fautive, le "système" existe, mais l'avocat finit sa plaidoirie sur un ton teinté d'émotion : "Laissez sa dignité à ma cliente, pas de prison ferme s'il-vous-plaît."

Pas de prison ferme


Mercredi, le ministère public avait requis 36 mois d'emprisonnement dont un an ferme. La défense demande une sanction plus mesurée. "Je pense qu'une peine d'emprisonnement avec sursis d'une durée équivalente à celle que le ministère public a requis serait la juste répression sachant qu'elle serait accompagnée d'une obligation d'indemniser les victimes qui imposerait aux personnes condamnées de faire tous les efforts à l'aune de leur patrimoine et de leurs facultés contributives pour réparer le préjudice financier des banques qui se sont portées partie civile."

Les défenseurs d'anciens salariés également mis en cause pour faux en écriture et complicité d'escroquerie demandent la relaxe pure et simple de leurs clients. Quant aux avocats des 13 banques, parties civiles, elles attendent une condamnation ferme.Le jugement a été mis en délibéré au 12 février.

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Fin du procès Toury
Reportage : Philippe Marmy, René Thévenot. Intervenants : Me Philippe COLLET (avocat de Jean TOURY), Me Jean-Marc DELAS (défenseur de la banque MARTIN-MOREL)





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