La société TBF a-t-elle fourni des greffons osseux non-conformes à une clinique de Vichy ?

Les deux patients ayant reçu les greffons osseux faisant l'objet d'une enquête "vont bien", selon la direction de la clinique.
Les deux patients ayant reçu les greffons osseux faisant l'objet d'une enquête "vont bien", selon la direction de la clinique.

Le doute plane sur des greffons osseux utilisés pour opérer deux patients de la clinique La Pergola à Vichy, dans l'Allier. Ces greffons commercialisés par la banque de tissus TBF, située à Mions (Rhône), pourraient ne pas être conforme à la réglementation. Une enquête sanitaire est en cours.

Par Céline Pauilhac

La société TBF, installée dans le Rhône depuis plus de 20 ans, est aujourd'hui dans le collimateur de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle a fait actuellement l'objet d'une enquête, suite au signalement d'un ancien salarié, en conflit avec l'entreprise. Pour TBF, il ne s'agit que d'un "problème d'ordre administratif et réglementaire". Le magazine Lyon capitale lui, dans son numéro de janvier, va plus loin et évoque un "scandale médical" concernant la commercialisation de greffons osseux non autorisés.

Deux établissements français auraient reçu ces greffons : l'un d'eux serait la clinique La Pergola située à Vichy. Son directeur estiment que l'article du mensuel lyonnais est "diffamatoire". Tout comme la société TBF, qui assure dans un communiqué que "la quasi-totalité des problèmes dénoncés n’en sont pasUn seul fait demeure, consistant dans la commercialisation de 5 greffons ostéochondraux implantés sans autorisation préalable sur deux patients, dans un seul établissement de santé. (...) Les greffons ostéochondraux en cause ont fait l’objet de traitements garantissant leur sécurité virale et microbiologique."

Aucun risque sanitaire a priori pour les patients greffés

En France, le prélèvement, le traitement et l'implantation de greffons osseux est très réglementée. Trois banques de tissus se partagent le marché avec TBF. L'une d'elle se trouve à Clermont-Ferrand. Le directeur médical d'Ostéo-banque d'Auvergne, le Pr Stéphane Boisgard, explique comment se déroulent les contrôles effectués par l'ASNM, environ tous les deux ans : "Lors d'un contrôle de ce dossier, il peut manquer des éléments. Soit il manque des éléments sur le plan administratif parce qu'on a oublié de retranscrire un résultat, un élément et ceci n'est pas grave c'est un problème technique qui doit être résolu. Ou alors il manque cet élément dans le dossier et là ça peut être plus embêtant parce que, s'il manque des éléments cliniques ou de sérologie, normalement le greffon ne devrait pas pouvoir être utilisé".

Et quand bien même la provenance d'un greffon n'aurait pas été correctement vérifiée, la probabilité que le donneur puisse transmettre une infection au patient greffé est de "une sur plusieurs millions" estime le Pr Boisgard. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir selon la direction de la clinique vichyssoise qui affirme disposer des sérologies liées aux greffons qu'elle a utilisé. Elle assure que "tout a été fait dans les règles. Les deux patients opérés du genou vont bien." De son coté, l'Agence du médicament écarte a priori tout risque sanitaire. Il faudra néanmoins attendre les résultats définitifs de l'enquête pour savoir si l'infraction réglementaire imputée à TBF est avérée.

La conformité de greffons osseux fournis par TBF en question
Reportage : C. Pauilhac, R. Thévenot. Intervenant : Pr Stéphane Boisgard, (directeur médical d'Ostéo-banque d'Auvergne).



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