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Mory Ducros: Arcole Industries menace de retirer son offre de reprise

Arcole Industries a menacé mardi 28 janvier de retirer son offre de reprise du groupe de transport en difficulté Mory Ducros si certains de ses sites restent bloqués par des actions de grève, selon un courrier que s'est procuré l'AFP.
Un mouvement de grève perturbe depuis lundi l'activité de 10 à 15 agences du transporteur, selon la CFDT, alors que l'offre du groupe industriel Arcole Industries, premier actionnaire de Mory Ducros et spécialisé dans la reprise de firmes en difficultés, doit être examinée ce vendredi 31 janvier par le tribunal de commerce de Pontoise (Val d'Oise). Cette offre prévoit de reprendre moins de la moitié des 5 000 salariés.

"La situation sociale au sein de Mory Ducros s'est très sérieusement dégradée dans la journée sur quelques sites essentiels au bon déroulement de l'entreprise", avertit le président du directoire d'Arcole Industries, André Lebrun, dans un courrier daté de mardi et adressé au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Le résultat du blocage des sites est "une exploitation à l'arrêt quasi total sur deux régions importantes, le Nord Pas de Calais et la région lyonnaise" et "un siège dans l'incapacité de fonctionner dans la mesure où les collaborateurs ne peuvent plus accéder à leur lieu de travail", poursuit M. Lebrun.

"Dans ces conditions, si la situation doit rester en l'état, et notamment si la direction de l'entreprise reste paralysée, Arcole Industries sera dans l'incapacité de réitérer son offre dans le délai fixé par la procédure, soit avant ce soir minuit", avertit M. Lebrun.

Dans son offre, Arcole avait posé plusieurs conditions suspensives, notamment que les salariés s'abstiennent de toute mobilisation sociale d'ici au 31 janvier et que l'entreprise conserve au moins 80% de son chiffre d'affaires à cette date. Il a accepté en revanche de verser 7 000 euros d'indemnités supra légales à chaque salarié licencié, ou encore de maintenir le statut social des salariés de Mory Ducros pendant deux ans.

"Il était convenu de formaliser cet accord d'ici le 28 janvier, date limite de dépôt des offres", rappelle M. Lebrun. "Les discussions menées depuis n'ont pas permis d'atteindre cet objectif. Une ultime réunion doit se tenir aujourd'hui."
Le ministère du Redressement productif a fait savoir pour sa part qu'il travaillait "très activement comme jeudi dernier à rapprocher les points de vue des organisations syndicales et des actionnaires".
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