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Odile Varion acquittée pour l'assassinat de son compagnon Didier Lacote

La cour d'assises de l'Allier, à Moulins, a rendu son verdict dans la nuit de vendredi à samedi. Elle a acquitté Odile Varion pour l'assassinat par empoisonnement de son compagnon Didier Lacote. L'avocate générale avait requis 20 ans de réclusion criminelle.

Par Evelyne Rimbert avec AFP

A l'énoncé du verdict, les enfants et soeurs de l'accusée ont applaudi et pleuré
et se sont jetés dans les bras d'Odile Varion debout à la barre.
Elle comparaissait libre sous contrôle judiciaire après avoir effectué 11
mois de détention jusqu'à août 2010.
L'avocat d'Odile Varion, Me Jean-François Canis, qui avait vivement dénoncé 
des insuffisances dans l'enquête, a lui aussi pleuré d'émotion
quelques secondes, avant que le président de la cour, Noël Picco ne lise à l'audience
les motivations de l'arrêt d'acquittement.
"Je suis très heureux, infiniment soulagé, après un combat de cinq ans" a déclaré
Me Canis.
"C'est un soulagement, on va pouvoir reformer une famille et je vais retrouver
mes enfants", a déclaré ensuite à la presse Odile Varion, d'une voix encore tremblante mais souriante.

Pour Me Dominique Lardans, avocat de la famille de la victime, "les proches de
Didier Lacote ont l'espoir que l'enquête reprenne sérieusement pour que le coupable soit démasqué".
Odile Varion, a toujours nié cet assassinat. Tout au long des débats, elle était restée prostrée, le regard au sol.
"Je n'ai pas commis ce crime odieux, je n'ai pas découpé Didier, je l'ai pas laissé
dans sa voiture
", a soutenu Odile Varion, allure masculine
mais fragile, visage fin sous des cheveux courts grisonnants, dans une dernière
déclaration.
"Ne vous fiez pas aux apparences!" avait prévenu l'avocate générale Marie-Christine
Jamain, avant de requérir "au regard de l'atrocité" de ce crime, "20 ans de réclusion
criminelle". Elle s'était dite "convaincue qu'Odile Varion a provoqué le décès
de son conjoint en lui faisant ingérer de l'atropine", collyre
destiné à soigner des problèmes aux yeux dont souffrait la victime Didier Lacote,
51 ans.
L'atropine, mortelle à haute dose, avait vraisemblablement été ingurgitée lors
d'un repas. Son corps habillé avait été tranché à la scie circulaire et retrouvé
dans le coffre de sa voiture. L'outil n'a jamais été retrouvé.

L'empoisonnement "est un crime précédé le plus souvent d'essais infructueux, et
c'est souvent un crime venant d'un proche", avait estimé l'avocate générale, rappelant
que la victime avait été hospitalisée à plusieurs reprises (2003, 2007 et 2008),
pour des signes d'agitation, hallucinations et de malaises, formellement liés à
une surdose d'atropine.

La défense, avait, elle, taxé l'enquête et des experts d'"amateurisme".
Par exemple, lorsque le corps de Didier Lacote avait été découvert dans le coffre
de sa voiture, le médecin légiste avait effectué plusieurs prélèvements "jamais
analysés", avait soulevé Me Jean-François Canis.
"De l'ADN a été trouvé sur ses vêtements, des cheveux et des poils, dont un long
cheveux blanc trouvé sur l'oreille
" de la victime, alors qu'Odile Varion
a toujours eu les cheveux très courts.
De même, la défense a reproché aux enquêteurs de ne pas avoir assez exploré le
lien entre l'empoisonnement à l'atropine et le corps ensuite coupé en deux.


Des parties civiles pro-accusée

Lors de l'instruction, le comportement d'Odile Varion avait été jugé "étonnant",
l'accusation relevant qu'elle avait tardé à signaler la disparition
de son conjoint. Didier Lacote avait été vu pour la dernière fois le 12 février
2009, son corps putréfié et découpé découvert le 10 mars dans le coffre de sa Peugeot
306, soit presque un mois après.
Odile Varion le croyait en vacances, a-t-elle juré et répété à l'audience.
Le couple ne s'entendait plus et faisait chambre à part. Il avait
l'habitude de s'absenter.

Défendant la fille d'Odile Varion et de Didier Lacote,
Me Valérie Pirello a aussi estimé que de nombreuses pistes n'avaient "pas été exploitées",
regrettant l'absence d'analyses de mégots ou des cheveux dans et autour de la voiture
ayant contenu le corps.
Le fils, Aurélien, mis en examen dans un premier temps pour assassinat comme sa
mère, avait bénéficié d'un non-lieu, mais devra comparaître ultérieurement pour
destruction de preuve devant la justice des mineurs.
Son avocate, Me Anne Barnoud, a dénoncé une audition filmée durant laquelle le
jeune Aurélien, 15 ans à l'époque, avait fait un malaise, sans émouvoir les juges
qui l'entendaient, ces derniers ayant appelé les secours au bout de 25 minutes
seulement.
La victime, 51 ans, a été décrite comme violente par son ex-femme et par Odile
Varion. Il était aussi obsédé sexuel notoire, s'exhibant facilement
et cherchant des rencontres sur internet, selon de nombreuses femmes appelées à
la barre.

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