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Fête de la musique : "La traviata"

Pour cette deuxième soirée opéra proposée conjointement par France 3 Rhône-Alpes et l'Opéra national de Lyon à l'occasion de la Fête de la musique, la fièvre des amours adolescentes de Cosi fan tutte laisse place aux cruautés du miroir social de la bourgeoisie du XIXe siècle de La traviata.

De tous les opéras de Verdi, La Traviata est sans doute le plus moderne. Piave conserve en effet le cadre contemporain de l’histoire inventée par Alexandre Dumas fils. L’opéra renonçait donc aux références historiques ou mythologiques pour nous montrer la société de son temps. Un monde où une femme entretenue se mourait de ne pas pouvoir aimer et de faire passer sa passion derrière les conventions d’une bourgeoisie bien pensante. Un cri libertaire qu’assume pleinement un Verdi qui n’a pas craint de vivre de nombreuses années hors mariage avec la Strepponi, la femme qu’il aimait. Un Verdi qui s’était fait le champion de l’indépendance de l’Italie et qui croyait, ses actions humanitaires le prouvent, profondément dans le respect de la dignité des gens.


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La traviata (extrait)


La Traviata a la réputation d’enclencher les catastrophes dans le théâtre qui la monte, au même titre que Macbeth au théâtre. Une réputation qui vient sans doute du fiasco de sa première. Le ténor était enroué, le baryton chantait en dessous de ses possibilités et la soprano, d’un gabarit généreux, était peu crédible dans son personnage de tuberculeuse ! L’année suivante, le même public fit fête à une reprise transposée à la cour de Louis XIV ! Le public bourgeois acceptait mal de voir ses travers sur scène !



Présence magnétique et voix d'airain, Ermonela Jaho incarne une Violetta sur le fil, alternant un chant très retenu, avec de brusques montées de fièvre - mimétique des symptômes phtisiques qui la rongent.

Marie-Aude Roux - Le monde


L'histoire
Violetta Valéry est une reine de Paris. Elle est belle et riche, elle est riche parce que belle, elle a bâti sa fortune en vendant ses charmes, sa beauté, sa présence, en se vendant elle-même.
L’irruption dans sa vie d’Alfredo Germont va la faire dérailler.
Pour ce jeune homme qui l’aime simplement, qu’elle aime sincèrement, elle se retire, elle se range, comme on dit…
Violetta vend ses biens, pour pouvoir vivre un bonheur simple avec Alfredo. Mais ni la société ni la famille ne l’entendent ainsi. Une prostituée reste une prostituée et sa liaison avec Alfredo compromet le mariage de la soeur du jeune homme. C’est ce que Monsieur Germont, le père d’Alfredo, vient expliquer à Violetta, en lui demandant de renoncer à son fils.
Il est assez persuasif. Elle est généreuse et accepte de rompre avec Alfredo, sans lui donner de motif. Violetta est perdue, elle meurt de la tuberculose — sans doute — mais surtout d’avoir été broyée par une société où l’argent et l’hypocrisie mènent le bal des respectables. Violetta est perdue, elle meurt d’être sortie de la voie tracée par eux.

Livret La Travaita

 

Casting
Direction musicale Gérard Korsten
Mise en scène Klaus Michael Grüber - Collaboration artistique et réalisation de la mise en scène Ellen Hammer
Décors Lucio Fanti
Costumes Rudy Sabounghi
Lumières Dominique Borrini
Chorégraphie Giuseppe Frigeni
Chef des Chœurs Alan Woodbridge
Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon

Violetta Valéry Ermonela Jaho
Alfredo Germont Edgaras Montvidas
Giorgio Germont Lionel Lhote
Flora Bervoix Christina Daletska
Annina Anna Steiger
Gaston de Letorières Tansel Akzeybek
Le marquis d'Obigny Nabil Suliman
Le docteur Grenvil Alexey Antonov
Le baron Douphol Stephen Owen

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