Unesco: la candidature de la Chaîne des Puys renvoyée !

Lundi après-midi, le 38ème comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO a décidé de renvoyer la candidature de la Chaîne des Puys-Faille de Limagne. Le site du département du Puy-de-Dôme n'est donc pas inscrit à l'inventaire et son dossier sera à nouveau étudié dans les trois ans.

La chaîne des puys en Auvergne avec son point culminant, le puy de Dôme.
La chaîne des puys en Auvergne avec son point culminant, le puy de Dôme. © AFP PHOTO/THIERRY ZOCCOLAN
Il faudra donc attendre au moins un an de plus, peut-être trois...Lundi après-midi, les 21 pays membres du comité du patrimoine mondial de l'UNESCO ont décidé majoritairement de renvoyer la candidature de la Chaîne des Puys-Faille de Limagne. Ce renvoi était espéré par la délégation française alors que le dossier auvergnat était affaibli après un rapport défavorable de l'UICN publié en mai. L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature avait remis un avis défavorable quant à l'inscription l'ensemble tectono-volcanique au patrimoine mondial.

Quand on a des amis comme ça, on n'a pas besoin d'ennemis. - Philippe Lalliot, ambassadeur de France auprès de l'UNESCO


Si une majorité de membres a demandé le renvoi de la candidature française, d'autres ont souhaité qu'elle soit différée, ce qui implique le dépôt d'un nouveau dossier, voire purement et simplement rejetée. Parmi les nations qui ont demandé la non inscription du site puydômois, l'Allemagne s'est attirée les foudres de l'ambassadeur de France auprès de l'UNESCO. Alors que son homologue allemand estimait que, en dépit "des relations étroites qui lient les deux pays", la décision prise ne pouvait reposer uniquement sur des bases politiques. Il estimait alors que la Chaîne des Puys ne remplissait pas les critères et sa non inscription était préférable. Quelques minutes plus tard, le chef de la délégation germanique a transformé son rejet en demande de "différé" mais cela n'a pas suffi à atténuer la colère française. En prenant la parole pour répondre à de nombreuses questions, Philippe Lalliot s'est d'abord adressé à son collègue européen estimant que "quand on a des amis comme ça, on n'a pas besoin d'ennemis".

Le renvoi du dossier auvergnat est assorti d'une demande d'étroite collaboration avec l'UICN. La France et l'agence consultative devront donc "approfondir le dialogue" pour compléter une candidature qui manquait parfois de précision. La France devra par ailleurs inviter une mission consultative qui examinera les aspects exceptionnels de l'ensemble. 

Les discussions autour de la seconde candidature française de cette 38ème session ont duré plus d'une heure trente. La décision de renvoi est une bonne nouvelle pour l'Auvergne puisque le comité reconnaît le potentiel de la Chaîne des Puys, son inscription pourrait donc intervenir dans les trois ans ou plus si le dossier est encore reporté.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
patrimoine