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Péage poids-lourds : les transporteurs routiers prêts à en découdre

Plusieurs organisations de routiers menacent de bloquer les routes dès le 13 octobre si le projet du gouvernement sur la taxe poids-lourd n'est pas abandonné. Le gouvernement a commencé une expérimentation dont les résultats seront connus en décembre. Le mouvement devrait débuter en Auvergne.
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal leur a demandé de "se calmer", mais les transporteurs routiers qui réclament l'abandon du péage de transit poids lourds n'en démordent pas et appellent à manifester à partir du 13 octobre. "Il faut un petit peu se calmer, quand même", a lancé Mme Royal, interrogée sur France Info à propos de menaces de plus en plus concrètes de mobilisation des transporteurs.

Car le report du péage de transit poids lourds, qui entrera en vigueur non plus au 1er janvier 2015 mais dans les premiers mois de l'année prochaine, n'aura finalement pas apaisé les tensions entre le gouvernement et les transporteurs routiers. Les négociations menées avec le gouvernement ont échoué, et plusieurs fédérations de professionnels du secteur, qui veulent voir le dispositif supprimé, ont appelé à une mobilisation, à partir du 13 octobre pour certaines, du 17 pour d'autres.

L'OTRE, qui regroupe des TPE et PME du transport routier, a ainsi posé lundi soir un ultimatum au gouvernement, l'appelant à déclarer l'"abandon définitif" du péage de transit d'ici au 15 octobre, sans quoi "les transporteurs français se mobiliseront à compter du 17 octobre", un mouvement "reconductible tant que l'écotaxe n'aura pas été abrogée".

Le 7 octobre, ce sont quatre fédérations, la FNTR, TLF, l'UNOSTRA et la CSD, qui ont appelé "à l'organisation d'un mouvement revendicatif" contre le péage de transit, qui "démarrera le lundi 13 octobre dans la matinée". "Il prendra la forme de manifestations sur la voie publique avec véhicules", précisent les organisations patronales, qui ajoutent que "les actions prévues seront cumulatives et feront l'objet d'une montée en puissance progressive au fil de la semaine sur l'ensemble du territoire national".

Le mouvement doit débuter en Auvergne, Bourgogne, Limousin et Poitou-Charentes, pour s'étendre ensuite aux régions de l'Est et du Nord-Ouest, suivies des régions Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon, puis du Nord et de la Normandie, et enfin des régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

4.000 kilomètres de route concernés 
 
"Il est justifié que des camions de transit paient l'usage des routes qui sont abîmées par (eux) et qu'il faut réparer. Cela n'a pas à peser sur le contribuable national", a martelé mardi Mme Royal. Elle a argué que "les circuits qui relèvent maintenant de ce péage de transit ont été considérablement réduits", le réseau routier concerné étant passé de 15.000 kilomètres à 4.000 kilomètres depuis la première version du projet. Le secrétaire d'Etat aux transports Alain Vidalies avait déclaré le 2 octobre, lors de l'annonce de l'échec des négociations par les fédérations de transporteurs, qu'il était "dans une démarche de main tendue et de dialogue avec les transporteurs routiers".

Une expérimentation à blanc du dispositif de péage de transit poids lourds a commencé le 1er octobre sur tout le territoire, et doit durer deux mois. "En parallèle, les organisations de transporteurs routiers sont invitées à présenter leurs alternatives de modalités de financement des infrastructures de transport", avait indiqué le ministère.

Mme Royal a néanmoins réaffirmé que le choix d'un dispositif de péage automatique, décidé par le gouvernement Fillon, était "totalement absurde", et a vanté la simplicité "des systèmes de vignettes (...) qui permettent d'appliquer le principe pollueur-payeur et qui sont tout à fait acceptés par les transporteurs routiers", notamment en Allemagne. 

"Les portiques qui ont été maintenus sont expérimentés et on fera le point en décembre pour savoir ce qui se passe à partir du 1er janvier", a confirmé Mme Royal. L'écotaxe, qui devait initialement entrer en vigueur en juillet 2013, a été repoussée à deux reprises avant d'être suspendue puis remplacée par le péage de transit.
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