Procès en appel de l'assassin présumé d'Agnès : verdict attendu ce vendredi

Après 10 jours d'audience, la Cour d'assises de mineurs de Riom (63) doit rendre son verdict ce vendredi après-midi. / © France 3 Auvergne
Après 10 jours d'audience, la Cour d'assises de mineurs de Riom (63) doit rendre son verdict ce vendredi après-midi. / © France 3 Auvergne

À la Cour d'assises des mineurs de Riom (Puy-de-Dôme), on s'approche du dénouement dans le procès en appel de Matthieu. Il est accusé d'avoir violé et assassiné la jeune Agnès Marin en novembre 2011, au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire). Le verdict est attendu ce vendredi après-midi.

Par France 3 Auvergne

Après une matinée consacrée aux plaidoiries des deux avocates de l'assassin présumé d'Agnès Marin, la Cour d'assises des mineurs de Riom (Matthieu avait 17 ans au moment des faits) rendra son verdict. Les jurés suivront-ils les réquisitions du ministère public qui a demandé jeudi de confirmer la condamnation à perpétuité infligée en première instance ? C'est probable tant la personnalité de l'accusé a glacé l'assistance de ce procès, qui se tient à huis clos depuis le 29 septembre.

Le point de vue de l'avocat de la famille d'Agnès

Francis Szpiner, l'avocat de la famille Marin, a souligné que outre "l'attitude de l'accusé" et les rapports accablants des experts, les déclarations de Matthieu "faisaient parfois froid dans le dos". Notamment "lorsqu'il a dit qu'il avait pris goût à ce qu'il avait fait et qu'il avait ressenti un sentiment d'euphorie lorsqu'il a poignardé Agnès", a-t-il noté.

Toujours selon Me Szpiner, l'un des magistrats a évoqué "un besoin de protection de la société dans cette affaire, compte tenu de son caractère exceptionnellement grave et des risques pointés par tous les psychiatres et par l'accusé lui-même, qui explique qu'il n'exclut pas de recommencer".
Me Szpiner : les propos de l'accusé "font froid dans le dos"
Interview de Me Francis Szpiner (avocat de la famille d'Agnès Marin) réalisée par Gérard Rivollier et Elodie Brot-Monnier.

L'argumentation des avocates de l'accusé

A l'issue de ces 10 jours de procès, l'une des deux avocates de Matthieu conclut : "On l’a défendu avec le maximum de notre énergie, de nos compétences". Me Isabelle Mimran et sa consoeur ont demandé à la Cour d'assises des mineurs de Riom de prendre en compte "l'atténuation de responsabilité, de discernement" de leur client, ainsi que "des dysfonctionnements qui ne sont pas imputables" à l'accusé selon elles. 

Nous espérons que la Cour laissera un peu d’espoir pour l’avenir (Me Isabelle Mimran, avocate de Matthieu)


De son côté, Me Joëlle Diez invite les jurés à faire preuve d’un "brin d’humanité". "La perpétuité, c’est l’exclusion. C’est l’anéantissement de l’être humain", dit-elle. Les avocates de la défense n'excluent pas de se pourvoir en Cassation, si Matthieu est condamné à la perpétuité. Elles envisagent même un recours auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme. Selon Me Diez, la convention internationale des droits de l'enfant, adoptée par l'ONU et ratifiée par la France en 1990, "interdit l'enfermement à vie avec aucune chance de sortie pour un mineur".

Cliquez ci-dessous pour écouter l'extrait sonore de l'interview de Maître Isabelle Mimran :

Fichier audio

Interview faites à 12h30 le vendredi 10 octobre de l'une des avocates de l'accusé, M*Isabelle Mimrand après leurs plaidoiries



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