Les retraités de plus en plus touchés par la précarité

Dans le Puy-de-Dôme, le Secours Catholique aide prés de 16.000 personnes via les travailleurs sociaux, en grande majorité des 25-49 ans. Mais les retraités sont aussi de plus en plus concernés par la pauvreté.

Par France 3 Auvergne

Parmi les associations caritatives, le secours catholique du Puy de Dôme doit faire face à un nombre croissant de personnes dans le besoin. Via les travailleurs sociaux, ce sont quelques 16.000 personnes qui sont accueillies dans le département, parmi lesquelles plus de 2.300 bénéficient d'un accompagnement plus soutenu. Ce chiffre est en hausse de plus de 14% par rapport à l'an passé.

Si les bénéficiaires sont en majorité dans la tranche d'âge 25-49 ans, les retraités sont de plus en plus confrontés à cette paupérisation.

L'un d'entre eux, ancien cadre administratif, a bien voulu témoigner sous couvert d'anonymat. Il a travaillé pendant 25 ans au Conseil Régional. Sa retraite de cadre n'est pas à taux plein. Chaque mois, il perçoit une pension de 1200 euros.

Il y a un an, il emménageait au dernier étage d’un immeuble, et son arrivée n'est pas passée inaperçue.  « J’ai déménagé tout seul par souci d’économie car je n’avais pas les moyens de payer un déménageur. J’ai tout transporté avec un diable industriel, en traversant la rue avant de monter mes affaires au 4e par l’escalier. J’ai fait une soixantaine d’allers-retours, ça a duré 15 jours. »

"Parfois au 15 du mois, il me reste 15 ou 16 euros"

Ce retraité vit seul, et c'est donc seul qu'il doit payer loyers, assurances et factures.

« Regardez en gaz, électricité ce qui m’est tombé dessus du jour au lendemain  : 458 euros ! Aujourd’hui, je régule le chauffage, je le coupe très fréquemment. Et puis je me lave à l’eau froide. »

« Une fois que j’ai payé tout ça, quelquefois au 15 du mois, il me reste 15 ou 16 euros. Une bonne escalope ou un bon steak, je suis très heureux d’en manger un quand on m’invite, mais j’en achète pas. »  « Je vais faire les courses le moins possible. Tant que j’ai quelque chose à manger, notamment des pâtes, ça laisse passer les jours, et au fur que les jours passent, (le versement de) la retraite approche. »

Le mois dernier, le secours catholique a dû lui prêter 30 euros. Un quotidien qui ressemble à celui de bon nombre de retraités dans notre pays dont le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer.

Retraite et précarité
Reportage : Jérôme Doumeng, Eric Taxil

 

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