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Le long parcours du court au long

Le court-métrage, c'est bien, mais nombreux sont les auteurs à vouloir aussi réaliser un long ! Pour cela, il peuvent participer aux rencontres "Du Court au Long" pour présenter leur univers à des producteurs ...
Auteurs et producteurs ont 15 minutes pour se découvrir
Auteurs et producteurs ont 15 minutes pour se découvrir © Fabien Gandilhon / France 3 Auvergne
Le court-métrage, c'est un genre à part entière qui n'a pas forcément vocation à se transformer en long, mais souvent, l'envie de s'exprimer sur plus d'une heure finit par titiller les auteurs. Pour les aider à réaliser ce rêve, la Maison des Scénaristes propose  des rencontres "Du Court au Long".


16 auteurs, 17 producteurs, beaucoup de possibilités

L'idée est de réunir des auteurs sélectionnés sur la qualité de leurs courts-métrages (on est à Clermont !), mais aussi sur celle d'un projet de long-métrage qu'ils souhaitent mettre en chantier. On invite ensuite les producteurs à venir papoter en tête-à-tête avec eux et on croise les doigts pour qu'ils montent des films ensemble (longs ou courts !)

"C'est la déclinaison "court-métrage" de rencontres que l'on organise déjà à Cannes pour les longs" indique Nicolas Zappi, auteur, réalisateur et confondateur de l'événement. "Jusque là, tout était à Cannes. C'est la première année où on propose cela au festival de Clermont".
© Fabien Gandilhon / France 3 Auvergne

Ici, ce sont les auteurs qui reçoivent, assis derrière une table avec un écriteau qui les identifie. Parmi les sélectionnés, une majorité de Français, mais aussi un Belge, un Indien ou encore une Japonaise installée aux États-Unis. Avant de les aborder, les producteurs n'ont qu'une idée très vague de ce qui les attend : ils n'ont eu droit qu'à 16 petites présentations anonymes de 90 secondes pour leur mettre l'eau à la bouche. Pour concrétiser le contact, il faut donc venir !

"Il n'y avait pas forcément de lieu de rencontre entre les deux, dans notre secteur, les contacts se font souvent sur le coin d'une table; nous, ce qu'on a voulu proposer c'est un endroit pour que les auteurs présentent leurs projets" précise Nicolas Zappi.

Éveiller l'intérêt d'un producteur

Giorgi Tavartkiladze est venu de Tbilissi, en Géorgie. "Je cherche à éveiller l'intérêt d'un producteur" explique-t-il. "D'abord pour produire un court sur la guerre civile qui a eu lieu dans mon pays au début des années 90, puis si possible un long sur le même thème".

A la table d'à côté, Christophe a une autre idée, mais la même ambition : "je souhaite réaliser des films fantastiques, un court d'abord puis éventuellement un long mais ça n'est pas facile ... en France, c'est un genre difficile à faire produire."

"Ça nous donne un cadre, et ça permet d'élargir nos horizons"

Dans la salle, les discussions s'animent. "Vous en êtes où ? Le scénario, il est écrit ?" demande un producteur, visiblement intéressé. Quelques minutes plus tard, la discussion semble avoir été fertile : "ce qu'on va faire, c'est qu'on va te laisser notre contact, on va se rappeler rapidement !"

William et Jules sont deux jeunes producteurs poitevins. Ils sont venus prospecter pour leur société Hybrid Films. "D'habitude, les rencontres se font surtout par le réseau, les connaissances. Là, ça nous donne un cadre, et surtout ça permet d'élargir nos horizons."
© Fabien Gandilhon / France 3 Auvergne
La qualité des échanges, les personnalités et les univers semblent importer autant - sinon plus - que le projet initial. Sarah Gurevick, cofondatrice de l'évènement, confirme : "le producteur ne vient pas rencontrer un projet mais un auteur, et ils voient si ils peuvent travailler ensemble."

A priori, ça fonctionne : depuis que ces rencontres existent en 2012, 33 contrats d'écriture ont été signés dont un tiers de longs métrages. L'an dernier, l'un d'entre eux a été retenu en sélection parallèle à Cannes.
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