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Notre-Dame des hormones : une comédie organique en technicolor malade

C'est l'un des premiers films dont on nous a parlé en sortie de séances, Notre-Dame des hormones, présenté dans le programme F1. Un film "étrange", "dark mais puissant" qui ne laisse quoi qu'il arrive pas indifférent. Nous avons rencontré son réalisateur pour en savoir un peu plus ... 
Bertrand Mandico, le réalisateur de Notre Dame des hormones, répond aux questions de Claude Duty lors des rencontres Expresso.
Bertrand Mandico, le réalisateur de Notre Dame des hormones, répond aux questions de Claude Duty lors des rencontres Expresso. © Claude Fallas
Notre Dame des hormones met en scène pendant près de 30 minutes 2 femmes, 2 actrices qui répètent une pièce improbable dans les bois et ... une créature. Une créature est d'ailleurs un bien grand mot pour cette espèce de "blob" organique composée d'une boule informe de chair légèrement velue agrémentée d'un appendice situé quelque part entre le doit d'E.T. et un pénis malingre mais dressé et tout cela sans aucun orifice, pour rajouter un peu au mystère et au suspense. 

"La bête n’a pas de nom. Je ne voulais pas qu’on s’attache à cette créature, quelque chose à mi-chemin entre le mollusque et l’animal. Là, elle n’est franchement pas sympathique. Elle rappelle à la fois plein de choses et rien du tout", nous confie le réalisateur Christian Mandinot. Car cette créature, devenue le centre du film, n'était en fait qu'un concept abstrait au début. Le film, il l'a écrit pour le duo d'actrices, Nathalie Richard et Elina Löwensohn, fabuleuses dans ces rôles taillés sur mesure.

Dans ce film, j'ai laissé libre-court à mes pulsions, parfois les plus basses. 


"Je voulais écrire pour les 2 actrices du film, et je cherchais à intégrer dans leur duo un grain de sable, qui est devenu organique… C’est comme ça que j’ai obtenu cette créature étrange, qui réveille à la fois jalousie et frustration", explique Christian. Et le côté sexuel de la chose ? "C'est finalement elles qui le rendent sexuel ! Je n’ai pas voulu choquer, j’ai voulu m’amuser et trouver un terrain de jeu par rapport à la vraie folie que pouvaient m’offrir les 2 actrices. Le décor est important aussi, et est peut-être plus sexuel que la créature. Au début, cette créature était une véritable abstraction..." 

Une abstraction dont la place est progressivement devenue prépondérante dans ce court qui ne laisse aucune place à l'improvisation. Scènes répétées, décor soigné, effets visuels travaillés au tournage grâce à des filtres et des miroirs notamment. A un spectateur qui avouait au réalisateur avoir l'impression de "voir ses rêves à l'écran", celui lui répond qu'"il s'agit d'un film de pulsions. J'ai effectivement laissé libre court à mes pulsions, parfois les plus basses. Mais mes rêves, non. Je n'avais pas les moyens (ndlr : financiers) de les porter à l'écran."

Une comédie organique

Du côté du public, les réactions sont variées, quelque part entre le dégoût, le questionnement existentiel, l'éclat de rire, ou la lassitude. En tous cas, pour ses premières projections, le film ne laisse pas indifférent, et cela plaît à Christian Mandinot. "Au départ, je pensais faire une comédie. C'est devenu une sorte de comédie organiqueLe court-métrage devrait être un terrain d’expérimentation. Même si parfois, les financements ne suivent pas toujours. En général, les jurys sont frileux à ce genre de construction."

Pour savoir ce que le jury du festival de Clermont en pense, il faudra quoi qu'il arrive attendre la soirée de clôture samedi, à 18 heures. Mais pour vous faire votre propre avis, il suffit d'aller assister à une séance F1 avant la fin du festival. Quoi qu'il arrive, vous n'en sortirez pas indifférent.

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