Une vache attachée l'hiver ne pourra plus être labellisée BIO

Cette vache, élevée sur une exploitation qui produit du Bio depuis 15 ans, n'aura plus le droit d'obtenir ce label si elle reste attachée en stabulation l'hiver.
Cette vache, élevée sur une exploitation qui produit du Bio depuis 15 ans, n'aura plus le droit d'obtenir ce label si elle reste attachée en stabulation l'hiver.

La nouvelle directive européenne qui obligera d'ici la fin de l'année les agriculteurs bio à ne plus attacher leurs animaux en hiver a du mal à passer. Eric Fabre est producteur de viande Salers Bio et installé depuis 15 ans dans le Cantal. Pur lui, cela signifie la fin du bio.

Par Claude Fallas

Faire le choix d'être éleveur bio, c'est accepter certaines règles comme l'utilisation maximale de médicaments bio pour soigner ses vaches ou ne pas utiliser de produits chimiques sur son exploitation. Mais ne pas pouvoir attacher ses vaches en stabulation pendant la période hivernale, c'est nouveau et ça a beaucoup de mal à passer.

Lorsqu'on se promène au milieu de l'étable d'Eric Fabre, à Saint Cirgues de Malbert, difficile d'imaginer que ses 90 vaches souffrent de mal-être animal. Pourtant le fait que ces Salers soient attachées à leur crèche par une chaîne risque de lui faire perdre le label Producteur de viande Bio. Plus précisément, au nom du bien-être animal, l'éleveur devra choisir de laisser son troupeau dehors ou d'aménager une stabulation libre pendant la période hivernale. 

Pour Eric Fabre, la situation est ubuesque : "Etre en Bio depuis 15 ans et avoir travaillé en Bio, ça ne m'empêchera pas de continuer les pratiques... Mais je ne pourrai plus rester dans cette filière là. Ce qui est dramatique aujourd'hui, c'est qu'il y a des agricultures qui voudraient passer en Bio, mais qui ne pourront pas à cause de ce problème de l'attache."

Pour les éleveurs qui ont fait le choix du Bio, difficile de comprendre une telle mesure. Et cela principalement pour deux raisons. Tout d'abord, seule la consommation de viande bovine labellisée Bio voit ses parts de marché augmenter. Mais surtout, dans nos zones de montagnes où les hivers sont parfois rudes et longs, la démarche Bio peut répondre au défit du maintient d'une agriculture familiale sur tous les massifs.
Les animaux attachés ne seront plus labellisés Bio
Reportage : Claude Bernard, Lydie Ribes. Montage : Quentin Maury. Intervenants : Eric Fabre (producteur de bovins Bio), docteur Michaël Delbouvry (vétérinaire)

 

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