Depuis le début de l'année, l'Etat veut encourager les ménages qui souhaitent acquérir et rénover un logement ancien, à réinvestir le coeur des petites villes grâce au PTZ rural. Un coup de pouce financier soumis à conditions. En Auvergne, 432 communes sont éligibles à ce prêt à taux zéro.

En un quart de siècle, Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire, a perdu 800 habitants. Beaucoup d'immeubles du centre-bourg sont inoccupés. Certains sont à vendre ou en état d'insalubrité avancée. Alors, la municipalité a engagé une politique de reconquête : installation de services publics, rénovation d'immeubles par les bailleurs sociaux... Pour le maire, le PTZ rural est un outil supplémentaire. "Ca serait suffisant, je pense, pour dynamiser tous ces jeunes foyers qui ont du mal à trouver les financements au départ, un apport. Ca peut être la pierre qui leur permet de monter leur projet et d'arriver à terme", explique Laurent Mirmand.

Prévue par le projet de loi de finances pour 2015, cette ouverture du PTZ dans l'ancien sur des territoires en milieu rural est conditionnée toutefois à des travaux de rénovation. "Les conditions sont d'effectuer une certaine quantité de travaux, soit 25 % du coût total de l'opération, achat de bien + travaux de réhabilitation", explique Florian Melia, conseiller à l'Espace Info Energie. 


432 communes en Auvergne

En France, près de 6000 communes sont concernées, dont 432 en Auvergne. Elles ont été "sélectionnées pour leur caractère rural, leur niveau de services et d'équipements existants et leur potentiel de logements à réhabiliter pouvant être remis sur le marché", affirme sur son site le Ministère du Logement, de l'Egalité des Territoires et de la Ruralité.

Parmi les communes de Haute-Loire figurent ainsi Le Pertuis, Pinols, Saint-Just-Malmont, Polignac, Saint-Maurice-de-Lignon ou encore Siaugues-Sainte-Marie. Au total, 79 communes sont éligibles au PTZ rural dans ce département, 130 dans l'Allier, 65 dans le Cantal et 158 dans le Puy-de-Dôme. On peut consulter la liste de toutes les communes concernées sur le site du Ministère du Logement.

Reste à savoir si ces conditions avantageuses suffiront pour convaincre les acquéreurs de s'installer en centre-bourg. "On est un secteur assez rural, et les gens qui quittent un appartement dans les grandes villes n'ont pas forcément envie de se mettre dans des maisons de village sans terrain, ils recherchent (...) un petit bien pas forcément très cher et qui équivaudrait au prix de l'hypercentre, mais avec plus de terrain", estime Marion Billig-Durand, agent immobilier.
D'autant qu'un autre critère conditionne l'attractivité des territoires : l'activité économique.