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Pour surmonter la fin des quotas, les producteurs de lait de montagne s'unissent derrière une marque commune

© France 3 Auvergne
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Avec la fin des quotas laitiers en avril, nombre de producteurs des zones de montagne s'inquiètent. Beaucoup craignent la baisse des prix et la perte de parts de marchés. Ils se sont donc unis derrière une marque commune pour maintenir une production dans leurs territoires.

Par France 3 Auvergne

Avec la fin des quotas laitiers en avril, nombre de producteurs des zones de montagne s'inquiètent. Beaucoup craignent la baisse des prix et la perte de parts de marchés.

Productrice de lait à Massagette (63), Alexandra sait qu'elle ne pourra pas concurrencer le lait produit dans les immenses fermes d'Europe du Nord ou de Nouvelle-Zélande. Produire du lait en zone de montagne revient en effet 30% plus cher qu'en zone de plaine. Pour assurer la vente du lait de ses 66 vaches, elle a adhéré dès 2012 à l'association Montlait, marque des producteurs de lait de montagne. "C'est un projet porté par les agriculteurs, c'est ce qui nous a séduit au départ. On fait nous-même la promotion dans les supermarchés. Ça nous permet de valoriser notre produit et d'entretenir notre territoire."

1.000 producteurs adhérents

Produire et transformer dans les montagnes du Massif central, c'est l'objectif des 1.000 producteurs adhérents de l'association. En 2014, ils comptaient vendre 1.3 millions de litres de lait : objectif largement dépassé. A Theix, la société laitière des Monts d'Auvergne conditionne chaque semaine 40 à 50.000 litres sous la marque Montlait. La laiterie propose ce lait au consommateur en vente directe chaque mercredi.

"On va faire le maximum pour développer la filière" indique Eric Germain, trésorier de l'Association des Producteurs de Lait de Montagne. "On s'est fixé un objectif de 3 millions de litres de lait en 2015 et 10 millions en 2017."

Avec la fin des quotas, Il s'agit maintenant de consolider la filière Montlait, convaincre le consommateur et motiver les producteurs pour qu'ils participent plus activement aux campagnes de promotion. Sans cela, la production laitière en montagne pourrait en partie disparaître dans les territoires qui ne disposent pas d'appellation fromagère d'origine protégée.

"Montlait va permettre d'avoir une garantie de collecte en zone de montagne après l'arrêt des quotas" indique Eric Germain. "Sur le prix de vente au consommateur, 30 % retourne à l'entreprise, ce qui équivaut à peu prés au surcoût de la collecte en zone de montagne. Aujourd'hui, toute entreprise qui collecte le lait auprès d'un éleveur Montlait ne pourra pas dire qu'il a un surcoût de collecte, pour elle, il sera au même prix que hors zone de montagne."

Alexandra peut donc espérer à terme voir le lait de ses vaches payé 10 à 15 euros supplémentaires la tonne par rapport au prix de base. Mais il faudra d'abord doubler les ventes pour résister à la concurrence d'un marché mondialisé.

Les producteurs de lait de montagne et la démarche Montlait
Reportage : Philippe Marmy, Claude Fallas, Gilles Malfray, Bernard Dufour. Intervenants : Alexandra TOURNADRE (productrice de lait à Massagettes - 63), François LECAREUX (responsable Société laitière Monts d'Auvergne - Theix) , Eric GERMAIN (Trésorier de l'Association Producteurs de Lait de Montagne)

 

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