Ain. La police municipale de Ferney-Voltaire désormais armée

© France 3
© France 3

Avec ses organisations internationales et son niveau de vie élevé, Genève attire la criminalité. Souvent, le territoire français sert de base arrière aux malfaiteurs, d'où l'inquiétude des maires du Pays de Gex qui, les uns après les autres, arment leurs policiers. C'est le cas de Ferney. 

Par Franck Grassaud


Les Municipaux de Ferney-Voltaire viennent d'être dotés d'un pistolet, dont ils ne pourront se servir qu'en cas de légitime défense. Six agents ont accepté de suivre une formation tant théorique que pratique pour ce port d'arme. La plupart sont d'anciens gendarmes. 

"En 2014, je n'étais vraiment pas favorable à cet armement de la police municipale", explique Daniel Raphoz, le maire UDI de Ferney, "mais il y a eu tant de choses depuis, nous ne sommes pas une commune comme une autre."

"2015 aura été une année charnière, une année où l'on a vivement ressenti la peur du terrorisme parce que nous sommes à la frontière. Le taux de criminalité a aussi explosé, la délinquance liée à la proximité de Genève s'est manifestée", ajoute le premier magistrat. Effectivement, préfet et procureur de la République ont relevé le problème, et 20 gendarmes mobiles sont arrivés dans le secteur. Mais avec la crise des gilets jaunes, ils ont été appelés pour d'autres missions, la circonscription ne peut désormais compter que sur ses gendarmes locaux, une vingtaine. 

"J'ai peur pour mes hommes, vous comprenez, ici les courses-poursuite entre malfaiteurs sont monnaie courante", justifie Daniel Raphoz qui botte en touche quand on évoque la période électorale. "C'est une décision que nous avons prise en janvier 2018, seulement elle n'est effective qu'aujourd'hui car les formations sont difficiles à obtenir, je ne suis pas le seul maire à vouloir armer la police municipale."

A Ferney, les agents sont aussi équipés d'une caméra-piéton et la Ville a investi dans la vidéo-protection. "Je dois donner des outils à ma police pour qu'elle se protège... je ne suis pas un shérif", conclut le maire d'une commune qui, en outre, gagne des habitants chaque année et qui devrait atteindre les 11.000 ferneysiens en 2020. 

En attendant, la décision n'est pas accueillie avec philosophie par l'opposition. A gauche, on redoute notamment un mélange des genres "au détriment de la proximité avec la population". 

Reportage
Police municipale armée à Ferney-Voltaire (Ain)

Sur le même sujet

Les + Lus