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Carte scolaire dans l'Ain : “on déshabille Pierre pour habiller Jacques!”

Manifestation des parents d'élèves de Replonges dans leur école. / © France 3
Manifestation des parents d'élèves de Replonges dans leur école. / © France 3

Lundi 20 mai, des parents d'élèves de Replonges se sont invités dans la cour de récré pour une manif. Une classe doit être supprimée dans cet établissement, qui pourtant voit ses effectifs progresser. Les parents se demandent si on ne vide pas leur école pour favoriser le Pays de Gex. Info ou intox?

Par Franck Grassaud


"On déshabille Pierre pour habiller Jacques!", lance Anne-Sophie Chambard. Le fait que cette mère d'élève transforme l'expression et oublie Paul dans l'histoire, titille un peu l'oreille. C'est peut-être fait exprès, on s'éloigne des Saintes Écritures pour évoquer un problème ancré dans la société rurale du XXIe siècle. Si c'est un lapsus, il en dit long sur l'énervement de ces parents qui pensent qu'on leur "vole" un poste pour l'attribuer au Pays de Gex, à l'autre bout du département. 

Ce lundi matin, ils manifestent contre la suppression annoncée de la 12e classe du Groupe scolaire de Replonges. "On a actuellement 283 élèves et si on regarde les inscriptions pour la rentrée prochaine on passe à 296, donc on n'a pas de baisse d'effectif et pourtant on nous pénalise", détaille Anne-Sophie Chambard.

Un autre délégué de parents d'élèves, Hervé Prigent, s'étonne aussi d'une telle décision: "on est à deux pas de Mâcon et à une demi-heure de Bourg-en-Bresse, notre territoire est en développement, on a en moyenne 45 naissances par an et 25 permis de construire d'après ce que nous dit la mairie." Si la classe ferme, l'établissement passera à une moyenne de 26,9 enfants par classe. On n'est déjà plus dans les 24 élèves par classe en CP et CE1, mesure souhaitée par Emmanuel Macron

Reportage Franck Grassaud et Maryne Zammit
Ain. Les déséquilibres de la carte scolaire
C'est un refrain printanier. Avant la fin des cours, les parents d'élèves s'agitent pour lutter contre les fermetures de classe. C'est le cas à Replonges dans le Val de Saône. - France 3

La suppression de classe a été décidée lors du dernier Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN), en février. Mais c'est au Conseil d'école que les parents ont appris la nouvelle. Quelqu'un autour de la table aurait lâché: "on supprime un poste ici pour répondre aux besoins du Pays de Gex!"

Le bruit a depuis fait son chemin pour devenir argument principal de la grogne. Certes on sait le Pays de Gex en pleine mutation, avec une poussée immobilière et démographique en raison de la proximité de la Suisse, mais peut-on en conclure que l'on "déshabille Pierre pour habiller Jacques"?  
 

"Je m'inscris en faux"

Sollicitée 3 jours avant la manifestation, et de nouveau appelée ce lundi matin, l'Inspectrice d'académie de l'Ain n'a pas décroché son téléphone pour répondre aux questions de France 3 Rhône-Alpes. Et c'est finalement en toute fin de journée, alors qu'elle nous contactait pour un tout autre problème, que nous avons pu questionner Marilyne Rémer.
 

Déjà, il faut savoir qu'il y aura une nouvelle réunion du CDEN en juin donc rien n'est définitif. Mais je m'inscris en faux, on ne favorise pas un territoire plus qu'un autre, on ne favorise pas un territoire urbain par rapport à un territoire rural, on raisonne surtout par circonscription, on joue sur l'équilibre. D'ici juin, ma porte reste ouverte à ces parents pour que je leur explique, répond l'Inspectrice. 


Joint par téléphone, Pascal Baudet, représentant syndical Snuipp-FSU, témoigne aussi d'une gestion de la carte scolaire avec "des indicateurs précis", notamment le nombre d'inscrits et la volonté de réduire le nombre d'élèves en CP/CE1. Pour autant, le syndicaliste explique que "la situation est complexe puisque nous n'aurons que 10 nouveaux postes à la rentrée sur l'ensemble du département, c'est trop peu". L'Education nationale affirme que cette dotation en berne est due à une légère baisse démographique.

Alors, même s'il ne confirme pas qu'une fermeture dans le Val de Saône profite au Pays de Gex, Pascal Baudet avoue "que c'est une conséquence indirecte". Un dommage collatéral pourrait-on ajouter.  
 

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