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Handicap. Les salariés de l'ADAPEI de l'Ain réclament une prime

Des salariés de l'ADAPEI devant le siège social de l'association, dans l'Ain. / © France 3
Des salariés de l'ADAPEI devant le siège social de l'association, dans l'Ain. / © France 3

C'est l'un des plus gros employeurs de l'Ain, l'ADAPEI est confrontée à un mouvement social. Les employés de l'Association de parents et amis de personnes handicapées mentales, demandent un geste salarial. Le salaire médian de ces travailleurs sociaux notamment, est de 1300 euros.

Par Franck Grassaud

Ils étaient une soixantaine, ce mardi 6 novembre au matin, devant le siège social de l'ADAPEI, à Viriat (Ain). Il y avait là des éducateurs spécialisés, des infirmières, des aides médico-psychologiques, des responsables du ménage ou encore des moniteurs d'ateliers adaptés. Certes, 60 personnes venus de 56 établissements, cela ne fait pas "lourd", "mais on représente tous les autres qui n'en pensent pas moins. Et puis, on ne peut pas laisser les résidents sans surveillance", justifie une salariée venue du secteur de Belley. 

Ces employés travaillent dans des Maisons d'Accueil Spécialisées, des Foyers d'Accueil Médicalisés ou encore dans les ESAT, les établissements d'aide par le travail. Ils prennent en charge tous types de handicaps mentaux.  

"On est formés, on est compétents, mais on est mal payés!", lance une femme qui affiche 20 ans de présence dans une des structures de l'ADAPEI. Une jeune infirmière enchaîne: "je touche 250 euros de moins que dans un hôpital, vous trouvez ça normal? Je reste parce que le travail est intéressant, j'apprends chaque jour des patients."

Des patients qui souffrent de pathologies de plus en plus lourdes, en raison de l'absence de places dans les hôpitaux psychiatriques. "Et pour avoir l'aide de psychiatres, cela devient de plus en plus compliqué, ils sont rares à l'ADAPEI et rares dans les environs", ajoute un éducatrice. 

Reportage Franck Grassaud et Marie-Lou Robert
VIDEO. Les salariés de l'ADAPEI de l'Ain mobilisés
Ils demandent une prime de 400 euros. Les salariés de l'ADAPEI, qui encadrent des handicapés mentaux, estiment être parmi les plus bas salaires du monde de la Santé.  - France 3  - Franck Grassaud & Marie-Lou Robert
 

"Nous ne sommes pas une entreprise du CAC 40"


Tout cela, la présidente de l'association le sait. "Nos salariés font un travail extraordinaire", explique Marie-France Castigliola, "mais nous ne sommes pas une entreprise du CAC 40 qui a des bénéfices, qui fonctionne, nous sommes une association qui accueille entre 1800 et 2000 handicapés dans l'Ain, -c'est important-, qui occupe à peu près 1500 salariés, et qui se bat pour maintenir l'emploi et se développer."

Quelques mots en guise de fin de non-recevoir adressée à ceux qui réclament une prime de 400 euros. Si un mouvement social s'exprime aujourd'hui, c'est parce que les salariés pensent pouvoir compter sur un cadeau fiscal fait aux associations comme l'ADAPEI, le crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires (CITS). Pour la structure de l'Ain, cela représente 800.000 euros. 

"Sur cette somme, nous avons déjà investi 350.000 euros pour créer un foyer de vie à Oyonnax et une mini Maison d'Accueil Spécialisée. Nous avons aussi pris en charge la mutuelle de nos salariés et ils ont eu une prime de 100 euros l'année dernière", détaille Marie-France Castigliola. Il ne resterait que 217.000 euros, et l'association s'engage désormais à les répartir sur les plus bas salaires. De nouvelles négociations doivent avoir lieu le 7 décembre dans ce sens. 

Actuellement, le budget de l'ADAPEI repose sur une dotation de l'Agence Régionale de Santé, 70%, 25% viennent du Département et puis il y a "les fonds propres" comme les recettes des ESAT et les dons.  
 

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