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Jean-Claude Romand : report de la décision d'une éventuelle libération conditionnelle

© France 3 Alpes
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La justice a choisi de temporiser pour annoncer si Jean-Claude Romand, qui a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat de sa famille en 1993, peut bénéficier d'une libération conditionnelle. "De nouvelles pièces" de nature à influer sur la décision du tribunal auraient été communiquées au juge.

Par AFP/CC

Après 25 ans passés derrière les barreaux, Jean-Claude Romand devait être fixé vendredi 11 janvier sur sa demande de libération conditionnelle, la décision a finalement été repoussée, une nouvelle audience ayant été fixée au 31 janvier.

Le procureur de la République de Châteauroux, Stéphanie Aouine, a indiqué que le tribunal d'application des peines avait ordonné "la réouverture des débats". Et le magistrat du parquet d'expliquer que "de nouvelles pièces, de nature à influer sur la décision du tribunal, ont été communiquées à ce dernier par les services de l'administration pénitentiaire",

Une libération jugée "prématurée" par un avocat des parties civiles


Jean-Claude Romand, vivant dans l'Ain, à une encablure de la frontière suisse, avait trompé ses proches pendant plus de quinze ans sur sa prétendue qualité de médecin à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En 1993, lorsque la vérité a menacé d'éclater, il avait tué son épouse, ses deux enfants et ses parents.

Condamné à la perpétuité en 1996, il est libérable depuis 2015, après avoir purgé une période de sûreté de 22 ans. Lors de sa demande de libération, présentée le 20 novembre, le ministère public a demandé le rejet de cette requête. Me Laure Moureu, qui représente les deux frères de Florence Romand, l'épouse assassinée, avait estimé "prématurée" l'hypothèse d'une libération. (suite du texte après le rappel des faits en images).
 
Jean-Claude Romand dans l'attente d'une éventuelle libération conditionnelle
La justice doit déterminer vendredi 11 janvier 2019 si Jean Claude Romand, qui a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat de sa famille en 1993, peut bénéficier d'une libération conditionnelle. Lors de son audition, en novembre, son avocat avait parlé d'un "projet est très bien ficelé et très sérieux". Commentaire : Ana Koroloff France 3 Alpes, montage Pierre Maillard.

L'avocat de Romand optimiste


A l'inverse, à la sortie de l'audience à la prison de Saint-Maur (Indre) où est incarcéré Jean-Claude Romand, son avocat Me Jean-Louis Abad s'était dit lui "encore plus confiant à la sortie (...) qu'à l'arrivée". "Son projet est très bien ficelé et très sérieux", avait assuré l'avocat.

Romand, s'il est libéré, devrait "éviter la lumière", a affirmé son avocat, qui a refusé de préciser les projets professionnels et personnels présentés par son client aux juges.

La libération conditionnelle est une mesure d'aménagement de peine visant à la réinsertion et à la prévention de la récidive.

Un mythomane assassin

Le parcours du "docteur Romand" est celui d'une histoire hors norme qui a fasciné le public et inspiré littérature et cinéma ("L'adversaire" d'Emmanuel Carrère a été adapté au cinéma en 2002 par Nicole Garcia).

Faux médecin, vrai escroc

Fils unique studieux, Romand rate de peu son passage en troisième année de médecine, dont il dissimule l'échec. Pendant des années, il ment à son entourage. Marié et père de deux enfants, il se dit médecin, chercheur au siège de l'OMS à Genève, mais dans les faits, passe ses journées dans sa voiture,
dans une cafétéria ou une bibliothèque et fait vivre sa famille en escroquant parents et amis, prétendant placer leurs économies en Suisse. 

Découvert, il passe à l'acte

Acculé par plusieurs débiteurs dont certains découvrent son imposture, le faux médecin de 38 ans craque. Au matin du 9 janvier 1993, il tue avec un rouleau à pâtisserie sa femme qui dormait dans leur maison de Prévessin-Moëns (Ain). Puis, selon son propre récit, il demande à sa fille Caroline, sept ans, de s'allonger pour qu'il prenne sa température et lui tire dans le dos avec une carabine. De même avec son fils Antoine, cinq ans.

Il épargne sa maîtresse devant ses supplications

Il va ensuite chez ses parents à Clairvaux-les-Lacs (Jura) et les tue de plusieurs balles dans le dos. Il repart pour Paris retrouver son ancienne maîtresse et la conduit en forêt de Fontainebleau pour un prétendu dîner avec Bernard Kouchner. Vers 23H00, il arrête la voiture, asperge la jeune femme avec une bombe lacrymogène, mais renonce à son projet d'assassinat devant ses hurlements et supplications.

Il revient le lendemain à son domicile où gisent sa femme et ses enfants. Le 11 janvier, il ingère des barbituriques et incendie la maison. Quand les pompiers
arrivent, ils le trouvent inconscient mais vivant. Il a été jugé en 1996.
 

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