Le vignoble de Saint-Pourçain (Allier) fête les 10 ans de son AOC

L'AOC Saint-Pourçain fête ses 10 ans. Photo d'illustration. / © T. ZOCCOLAN / AFP
L'AOC Saint-Pourçain fête ses 10 ans. Photo d'illustration. / © T. ZOCCOLAN / AFP

L'AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) du Saint-Pourçain fête ses 10 ans. C'était au départ une très longue bataille, aujourd'hui un gage de sérieux et un label très apprécié, dans un contexte d'aléas climatiques de plus en plus présents.

Par Renaud Gardette

C'est un vignoble qui s'étend sur dix-neuf communes de l'Allier : l'AOC Saint-Pourçain fête ses 10 ans. Au sud de Moulins, de part et d'autre de Saint-Pourçain-sur-Sioule, une centaine de viticulteurs produisent du rouge, du blanc et du rosé en respectant un cahier des charges très précis.

"Il a fallu 27 ans pour obtenir cette AOC" se souvient Corinne Laurent, vice-présidente du syndicat des viticulteurs du Saint-Pourçain. "On l'a obtenu le 28 mai 2009. Depuis, on fête son anniversaire chaque 1er mai" dit-elle.
 

Arracher des vignes pour replanter


L'une des particularités du vignoble est qu'il continue à s'adapter aujourd'hui. Dans les années 60, avec la mécanisation à outrance, il n'y avait pas de normes pour la densité de plantation. Désormais il faut un maximum de 4 000 pieds par hectare. Et dans les années 80 on plantait les pieds avec 3 mètres d'écartement. Il faut donc maintenant tout resserrer, et cela prend du temps.

"La législation a évolué au fur et à mesure de l'obtention de l'AOC" précise Corinne Laurent. "On est toujours dans une mise aux normes progressive. Un échéancier a été mis en place en 2015, jusqu'en 2045. C'est quelques chose de très lourd." 
 

"On n'a pas pris la grosse tête"


L'obtention de l'AOC est forcément un gage de qualité pour Corinne Laurent : "C'est la reconnaissance de nos efforts. On peut dire qu'on n'est pas si mal, et çà corrige un déficit local qu'il y avait, mais on n'a pas pris la grosse tête... Cela permet de redorer le blason." 
 

Le réchauffement climatique favorise le gel


25 000 hectolitres sont désormais produits en moyenne chaque année. Mais les aléas climatiques sont de plus en plus présents. "Depuis 10 ans, il y en a chaque année. C'est systématique" précise Corinne Laurent. "Contrairement à ce qu'on peut penser, le réchauffement climatique favorise le gel. La vigne veut démarrer chaque printemps trop vite et trop tôt. Et c'est difficile avec les coups de froid en avril et mai. On va frôler les 0 degré ce week-end. En mai, on n'est jamais tranquilles. Après, ce sera le risque de grêle."
 

Pour les 10 ans de l'AOP, une première fête était organisée le mercredi 1er mai. Une autre date est fixée le samedi 1er juin, pour l'anniversaire des "déjà 10 ans" avec une journée festive, une ballade pédagogique, un concours et surtout un grand repas avec de nombreuses bouteilles issues du millésime 2018, une année particulièrement réussie avec de très gros volumes.

 


 

Blancs, rouges et rosés composent le Saint-Pourçain

Les vins blancs sont issus du chardonnay (50 % minimum) et du tressalier (entre 20 et 40 %). L'ensemble de ces deux cépages doit représenter au moins 90 % de l'encépagement. Le sauvignon peut être utilisé comme cépage accessoire. Ces vins présentent une couleur jaune paille. Ils sont secs, vifs, assez tendres. Ils ont une bonne tenue en bouteille.

Les vins rouges sont issus du gamay (40 % minimum) et du pinot noir (25 % minimum). L'assemblage de ces deux cépages est obligatoire. Ces vins présentent une belle robe rubis et sont assez légers. Ils sont fins, pleins en bouche, avec des arômes de fruits secs. Ils ont une bonne tenue en bouteille (jusqu'à 5 ans).

Les vins rosés sont issus exclusivement du gamay. Ils sont secs, et assez fins.

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