Orage de grêle à Vichy : hécatombe chez les oiseaux, des bénévoles au secours des survivants

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Le violent orage de grêle à Vichy samedi 4 juin a tué un nombre considérable d'oiseaux. Les bénévoles de plusieurs association, dont la LPO, se mobilisent pour porter secours aux survivants, très gravement blessés.

Cinq jours après leur sauvetage, une centaine d’oiseaux seulement sont encore vivants. Depuis dimanche, le centre de sauvegarde de la LPO à Clermont-Ferrand a recueilli près de 300 oiseaux en provenance de Vichy. La cité bourbonnaise a été victime samedi 4 juin d’un violent orage de grêle. Les bâtiments et les voitures ont fortement souffert mais les oiseaux aussi. Beaucoup de ceux qui arrivent à la clinique de la LPO doivent être euthanasiés.

« Les blessures les plus courantes, ce sont des fractures des ailes. Nous avons eu pas mal d’oiseaux qui ont eu des fracturations au niveau des articulations comme les poignets ou les coudes », explique Adrien Corsi, soigneur. « Ce sont des blessures insoignables puisque l’oiseau ne peut plus voler. Nous sommes obligés de l’euthanasier. » Même destin pour ceux qui arrivent paraplégiques.

« D’autres oiseaux ont des fractures au milieu des os, les bras, les avant-bras. Ils sont immobilisés et stabilisés. » Et puis de nombreux traumatismes crâniens. La tête est gonflée, les yeux tuméfiés. « Ils sont soignables même si certains meurent dans le lot. Nous leur donnons un traitement car il y a un risque de séquelles neurologiques comme des troubles de l’équilibre. Ils reçoivent un médicament adapté pour essayer de ré-oxygéner le cerveau et de défaire l’hématome. »

Plusieurs semaines de rééducation

Les oiseaux partiront ensuite en volière pour une rééducation qui durera de deux à quatre semaines, voire plus.

L’espèce la plus touchée, c’est l’étourneau sansonnet. Il représente plus de la moitié des effectifs.  « Nous trouvons principalement des étourneaux immatures qui venaient de sortir de leur nid », raconte Adrien Corsi. «  Ils étaient autonomes et faisaient leur vie avec leurs parents. Ils dormaient en colonie dans les arbres. Si la grêle était tombée deux semaines plus tôt, il y aurait eu moins d’étourneaux morts car lorsqu’ils sont encore au nid, ils sont abrités dans des cavités. »

Corbeaux freux, choucas, pigeons ramiers sont aussi sur la liste des victimes. Déjà quatre camions sont partis vers des centres d’équarrissage où les oiseaux seront incinérés. « Après 5 jours, on trouve encore des oiseaux morts à Vichy », se désole le soigneur.

Sur le terrain, des équipes de bénévoles s’activent pour ramasser les corps. Ils ont une soixantaine de différentes d’associations à ratisser ce jeudi le secteur de l’opéra. « Nous avons délimité des zones où les oiseaux se sont réfugiés en nombre », indique Christophe Mevel, de l’association "Oiseaux en détresse ". « Nous allons ramasser tous les jours avec des équipes de jour et des équipes de nuit de façon à éviter l’insalubrité à cause des oiseaux morts. Nous arrivons désormais à bien réguler. »  

Hôpital d'urgence

Et les oiseaux encore vivants sont rassemblés dans un dépôt chauffé. « Au niveau de la mortalité aujourd’hui, ça va mieux », confie Christophe Mevel. «  Nous trouvons surtout des oiseaux avec des problèmes d’ailes mais il n’y a rien de catastrophique car ils sont pris en charge dans le petit hôpital que nous avons monté sur Vichy avant qu’ils ne soient transférés au centre de sauvegarde de la LPO à Clermont-Ferrand. » Rien que pour cette journée, 150 oiseaux ont été récupérés, prêts à partir en soin et en convalescence.

A Clermont-Ferrand, les deux soigneurs de la LPO sont montés sur le pont dès dimanche, oubliant leur jour de repos. Ils ont travaillé d’arrache-pied jusqu’à minuit. Face à l’urgence, une troisième personne a été embauchée pour deux mois afin de renforcer l’effectif. « Nous avons suffisamment de cages pour un tel nombre d’oiseaux », indique Adrien Corsi. «  Nous sommes un peu à l’étroit mais nous arrivons à conserver au centre tous les oiseaux blessés. » Le centre a aussi reçu de la nourriture en provenance des jardineries-animaleries.

Cet orage de grêle dévastateur aura des conséquences pendant un certain temps. « L’an prochain, il y aura moins de reproducteurs », prédit le soigneur. «  Parmi les survivants, il va falloir qu’ils puissent continuer à se produire avec un environnement toujours accueillant et avec assez de nourriture. » Et des étourneaux en moins, ce seront aussi des proies en moins pour les rapaces qui devront chercher pitance ailleurs.

Un événement qui va marquer pendant longtemps les amoureux des oiseaux. «  C’est très touchant de voir des oiseaux dans cet état-là », témoigne Christophe Mevel de l’association "Oiseaux en détresse". «  C’est éprouvant moralement, même pour moi qui suis quelqu’un de solide. Mais je suis quand même content car la vie revient dans les parcs. On revoit des oiseaux qui sautillent, on voit des oiseaux qui volent. Ce n’était pas le cas dimanche. On progresse. »

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