Ardèche : "Ma petite France", des produits du terroir pour les expatriés

L'entreprise baptisée "Ma petite France" a été créée par deux jeunes drômois. Ils exportent des produits fermiers pour les expatriés français. Avec comme aiguillon, une éthique et des valeurs pour la défense du petit produit de terroir à la fabrication artisanale.
Un colis en préparation par "Ma petite France"
Un colis en préparation par "Ma petite France" © France 3 Rhône-Alpes
Exporter des produits fermiers à l'autre bout du monde, une affaire typiquement française ! Car parler de "bouffe" à l'étranger, seuls les Français sont, dit-on, intarissables en la matière. Il y avait là un bon filon à prendre ! Ce sont donc deux jeunes drômois, des copains d'études, qui ont vécu -eux aussi- l'expatriation qui se sont lancés dans l'aventure. Julien Gremaud et Benjamin Bredeau ont fini par concrétiser la belle idée en créant il y a un an une société d'export baptisée "Ma petite France". Même si le démarrage de leur activité a été ralenti à cause du Covid-19, l'entreprise enregistre déjà un joli succès auprès des Français de l'étranger. La petite entreprise ne devrait pas connaître la crise. 

Des produits fermiers de qualité payés au juste prix  

Les deux jeunes entrepreneurs ont recueilli pas moins 500 produits fermiers qui font la richesse du terroir Français. Des produits de qualité qui sont fabriqués, le plus possible, de manière artisanale. Ces produits sont acheminés jusqu'à leur entrepôt basé à Soyons, en Ardèche. C'est là qu'ils les conditionnent et qu'ils les expédient par colis aux quatre coins du monde. Des produits secs comme des produits frais payés à leur juste prix pour garantir un bénéfice au producteur. On y trouve du miel, de la confiture, des conserves de légumes et encore du saucisson, de la viande et bien sûr le produit phare par excellence, celui qui revient le plus souvent parmi les demandes des clients, celui qui est envoyé dans plus de quarante pays au monde, le fromage bien entendu ! Attention, du fromage au lait cru uniquement pour raviver les papilles des expatriés.

"Là vous avez de l'Abondance qui vient de chez Nicolas en Savoie. C'est extraordinaire comment il le fait. Il est tout seul avec son frère Franck. Ils travaillent en famille. On va monter à 1700/1900 mètres d'altitude pour arriver dans une sorte de buron... C'est sa ferme à lui, avec ses vaches et c'est un fromage de très haute qualité"

Benjamin Bredeau

Parmi les produits du marché, la petite entreprise fournit aussi à ses clients un autre grand nom de la gastronomie française, le pain et ses viennoiseries. Les produits viennent de la boulangerie Honorin situés à Portes-lès-Valence, dans la Drôme. L'artisan boulanger, champion du monde de la boulangerie en 1996, Xavier Honorin, est lui aussi un ancien expatrié. Il connait le plaisir de déguster un bon produit à l'autre bout du monde. Pour être dans le catalogue de "Ma petite France" il a dû s'adapter.
 

On a fait des tests de conservation avec des pré-cuissons. On ne cuit pas nos pains à 100%, on demande aux clients de recuire nos produits... Et la qualité est au rendez-vous, on a de bons retours.

Xavier Honorin

Un site internet, la vitrine de "Ma petite France"

Un site internet du nom de l'entreprise "Ma petite France" a été créé pour l'occasion. Il y recense tous les produits proposés à la vente. Dans la rubrique "Fermier", l'acheteur prend connaissance de l'origine des produits et son type de fabrication. Il y trouve aussi un petit aperçu du paysan et de son environnement. Le site met aussi l'accent sur la réglementation en vigueur pour chaque référence et pour tous les pays. Envoyer du chocolat pour les fêtes de fin d'année peut vite devenir un casse-tête. Julien Gremaud et Benjamin Bredeau travaillent en étroite collaboration avec les services sanitaires du département qui leur certifient la bonne pratique, au cas par cas.
 

Par exemple, pour le Japon, tous les produits à base de viande, c'est très compliqué... Pour d'autres pays, c'est limité juste pour le porc. Ce sont les produits frais qui posent le plus de problèmes, le camembert au lait cru, on ne l'envoie pas aux USA mais au Canada, il y a pas trop de soucis.

Julien Gremaud

 
L'idée est originale et séduisante mais elle n'est pas très écologique. Acheminer tous ces produits par avion représente un bilan carbone élevé. Soucieux de leur époque, les deux entrepreneurs ont cherché comment éviter cet écueil. Ils se sont imposés une règle : pas plus de deux paniers par an et par clients. Et, à l'autre bout du monde, les expatriés se regroupent pour faire une seule commande et livraison commune. Les discussions entre Français autour de la nourriture ne sont pas prête de s'éteindre !
 
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