Ardèche. Le Vesseaux-Mère, un tiers-lieu dynamique qui a le vent en poupe

En Ardèche, le Vesseaux-Mère est un tiers-lieu avec un habitat partagé et des locaux de travail occupés par des sociétés. Ce microcosme attire au-delà du territoire. Dans l'univers des tiers-lieux, de plus en plus nombreux, tous ne réussissent pas. Le Vesseaux-Mère, lui, semble avoir trouvé sa voie.

Le Vesseaux-Mère est en train de prendre sa vitesse de croisière: ce tiers-lieu associatif a réussi son lancement en 2017 après qu'une première génération de néo-ruraux ait essuyé les plâtres.

Une quinzaine de personnes vivent en habitat partagé et environ 25 personnes y travaillent quotidiennement. Au delà de leur espace de travail, ils partagent des locaux communs, comme la cuisine et le réfectoire. Il reste, nous dit-on, seulement quelques places de libre dans l'espace co-working.

Avril Ladauge, co-fondatrice du Vesseaux-Mère, est graphiste en free-lance. Venant de Paris, elle s'est implantée en Ardèche pour ce projet collectif : "Vivre un projet collectif, c'était un rêve depuis longtemps... A Paris, je ne l'imaginais pas, c'est de toute façon impossible avec le prix de l'immobilier... et puis c'est un rythme plus cool qui m'attirait vraiment".


Un bâtiment bien ancré dans ses fondations

Au démarrage, cet immense bâtiment situé au coeur du village de Vesseaux et qui borde le ruisseau, est un couvent du XIe siècle. Puis, c'est devenu une maison de retraite qui a fonctionné malgré sa vétusté jusqu'en 2016 ! "Bon repos" c'était son nom.
Finalement, ce bâtiment magnifique avec ses jardins en arrière cour et son théâtre en sous-sol se réveille doucement de sa torpeur et se trouve une nouvelle vocation, dans l'air du temps. Les projets fleurissent et les travaux commencent. Il faut tout remettre aux normes. Le projet requiert de l'énergie. L'aventure démarre à 4. Ils sont une quarantaine de personnes actuellement à y travailler ou à y vivre tous les jours. Le lieu attire.

Gabrielle Delacourt est savonnière. Elle a rejoint le navire "Le Vesseaux-Mère" pour développer son activité qu'elle a commencé en région parisienne : "J'avais envie de quitter la ville pour un endroit plus calme, moins pollué avec moins de monde...et puis j'avais envie de créer une activité indépendante, avant j'étais salarié..."

Un pôle de compétence culturelle et artistique

Les métiers que l'on y trouve sont à la croisée de la culture et du numérique. Graphiste, traductrice, média alternatif, compagnie de cirque, costumière etc... la possibilité de se croiser et de partager des intérêts communs sont multiples. L'énergie circule et elle est communicative.

C'est ce qui a séduit Florian Seraul, compositeur de musique à venir s'installer au Vesseaux-Mère. Mais pas seulement. Ce néo-rural a aussi quitté la grande ville, Toulouse pour le calme de la campagne : "C'est toute la vie sociale et culturelle qui m'a plu, les opportunités de développement, ça ramène du monde, on se retrouve à plusieurs à collaborer ensemble... puis c'est calme, j'ai la vue sur la nature, c'est nickel !"
 

Le Vesseaux-Mère, couronné par un prix

Le succès est à ce point au rendez-vous qu'en janvier 2020, le Vesseaux-Mère reçoit le prix "Tiers-lieux à la campagne" par la Fondation Terre&Fils, dans le cadre d'un concours Innover à la campagne. C'est une belle reconnaissance pour le collectif et tous les adhérents qui gravitent autour.

La vocation du collectif est maintenant de s'ouvrir vers l'extérieur et de créer une dynamique de territoire avec les habitants de la vallée. Des sorties, des conférences et des spectacles sont prévus. Un bar associatif devrait voir le jour. Le Vesseaux-Mère trace maintenant sa route plus au large.

Vous pouvez rejoindre leur sillon et suivre leur actualité sur leur page facebook.  

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie insolite