"Épuisement physique", "pression psychologique", tentatives de suicide. Une congrégation catholique soupçonnée d'abus de faiblesse

Le procès pour abus de faiblesse de la Famille missionnaire de Notre-Dame-des-Neiges et de son dirigeant, le père Bernard, se tient Privas, en Ardèche, jeudi 4 et vendredi 5 juillet. La congrégation catholique, désignée comme "sujet d’inquiétude" par la Miviludes, est soupçonnée d’abus de faiblesse sur cinq victimes, dont elle aurait provoqué "l'épuisement physique".

La justice se penche sur le cas de la Famille missionnaire de Notre-Dame-des-Neiges (FMND), jeudi 4 et vendredi 5 juillet. Le procès pour abus de faiblesse de la communauté religieuse et de son dirigeant s'est ouvert jeudi à Privas (Ardèche), pour des faits qui se seraient produits entre 2015 et 2020 au sein de cette communauté catholique traditionaliste.

Le siège de cette communauté, regroupant environ 150 membres, est basé à Saint-Pierre-de-Colombier (Ardèche). Le dirigeant de la FMND, le père Bernard, Gérard Pinède de son nom civil, âgé de 73 ans, et sa communauté religieuse, sont soupçonnés d'un "abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse (...) d'une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l'exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son jugement", a déclaré le président à l'ouverture de l'audience au tribunal correctionnel de Privas.

En 2021, la congrégation catholique avait été désignée parmi les "sujets d’inquiétude" par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Des tentatives de suicide

Les cinq plaignants sont d'anciens membres de la communauté, d'après Maître Fraisse, avocat de deux d'entre eux. "Plusieurs membres, sous la force de la pression psychologique, ont attenté à leurs jours et ont finalement été conduits chez un médecin ami de la communauté à plus de trois heures de route", a-t-elle déclaré en marge du procès.

Cette situation d'abus de faiblesse a été rendue possible "en procédant au recrutement de membres très jeunes", "des jeunes fragiles susceptibles de rentrer dans la communauté" qui étaient repérés lors de colonies ou de pèlerinages, "en organisant des conditions de vie particulièrement contraignantes sans aucun repos, afin d'altérer le jugement par l'épuisement physique, avec un manque d'intimité total", a détaillé le président.

Des religieux "sacralisés"

Il est aussi reproché à la communauté d'avoir opéré une privation "de moyens financiers et de communication pour les isoler de l'extérieur et de leur famille" et d'autres techniques "aboutissant à une dépersonnalisation en faveur d'une pensée unique sous l'égide du père Bernardet de la mère Magdeleine, religieux sacralisés", a poursuivi le président du tribunal.

La communauté avait déjà fait parler d'elle à l'automne dernier, quand la construction d'une église à Saint-Pierre-de-Colombier avait provoqué des échauffourées entre des opposants au chantier et des religieux.

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