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Veyras (Ardèche) : le poulailler de la discorde

Le projet porte sur 8 000 poulets. Deux bâtiments seraient construits pour abriter les gallinacés appelés à s'ébattre en plein air / © Collection Watier/Maxppp
Le projet porte sur 8 000 poulets. Deux bâtiments seraient construits pour abriter les gallinacés appelés à s'ébattre en plein air / © Collection Watier/Maxppp

Depuis plusieurs semaines, la commune de Veyras, 1 600 habitants, est le centre d'une polémique autour de la création d'un poulailler élevant des poulets en plein air. Un projet Label Rouge face à des opposants... qui voient rouge également. 

Par Daniel Pajonk

C'est une histoire ubuesque qui se déroule dans la petite commune de Veyras. A 5 km de Privas, une jeune femme a déposé un permis de construire pour édifier un élevage de poulets label rouges.

Les deux bâtiments sont prévus pour occuper 400 m2 chacun sur un terrain de 4 hectares, les poulets étant élevés en plein air, dans le cadre d'une labellisation Label Rouge. Au total, le projet prévoit de faire grandir 8 000 poulets tous les trois mois. Le terrain appartient à la famille et le permis de construire est recevable moyennant quelques précisions concernant notamment le bardage extérieur. «Globalement, le dossier respecte les règles du PLU», explique le maire. Bref tout pourrait rouler… ou presque.  
 


Car il y a un os ! La petite route, le chemin de Beauly, qui permet d’accéder à la parcelle sur laquelle serait construit l’élevage ne peut accepter de véhicules supérieurs à 7 tonnes. La décision avait été prise en 1959. Le maire de la commune, Alain Louche, saisit donc la direction départementale des routes pour faire réévaluer ses capacités techniques. Selon cette direction, quelques camions pesant plus de 7 tonnes peuvent être tolérés à titre exceptionnel. Au-delà de 10 tonnes, cela est jugé dangereux, pour le véhicule comme pour l’état du soubassement en pierres.

Problème : le projet prévoit chaque année le passage d’une trentaine de camions de 15 à 20 tonnes, chargement compris. 15 tonnes pour la livraison de grain, 20 pour le départ des poulets vers l’abattoir.
 

Dans le voisinage, des opposants ont lancé une pétition

Mais la situation prend des proportions plus importantes encore avec l’émergence d’une opposition d’une partie du voisinage au projet.
Les bâtiments ne peuvent se situer à moins de 100 m des premières habitations. Un voisin, dont la propriété est située à 104 mètres, ne voit pas le projet d’un bon œil. Il a l’intention de vendre et redoute que la présence d’un futur poulailler ne refroidisse les acheteurs ou fasse baisser le prix de son bien.
Une pétition est lancée. Elle va collecter 250 signatures.
Les propriétaires se disent prêts à aller en justice et à déposer plainte.

Face à cette situation conflictuelle, Alain Louche souhaite apaiser les tensions. Le maire dit vouloir s’en tenir au respect la loi, le seul moyen selon lui de sortir de l’ornière dans laquelle se trouvent les protagonistes aujourd’hui. Jeudi prochain, il recevra tour à tour tenants du projet et opposants.
 

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