En Auvergne, les cultures souffrent de la canicule

Les céréales, surtout le blé, souffrent de la forte chaleur. / © Guillaume Souvant/AFP
Les céréales, surtout le blé, souffrent de la forte chaleur. / © Guillaume Souvant/AFP

Le mercure inquiète les agriculteurs et les maraîchers. Le vent assèche les sols, le soleil grille les cultures et le manque de pluie se fait sentir. Tous craignent un été terriblement chaud et sec.

Par D.Cros

L’année 2017 s’annonce difficile pour les agriculteurs et les maraîchers. Après les gelées tardives du mois de mai, c’est au tour de la chaleur et du soleil de malmener les cultures. Les températures sont 10 à 15°C au-dessus des normales saisonnières et le vent assèche le sol.

Les cultures sont en état de stress

"On a beau arroser, la terre est dure, sèche et se craquèle" explique Gabriel Fenaille maraîcher à Cébazat, dans le Puy-de-Dôme. Dans sa ferme, il consacre 2 hectares à la production de légumes de saison. Puis il ajoute : "Ce lundi matin, je voulais récolter des carottes. Impossible de les sortir du sol comme cela. La bèche ne voulait même pas rentrer dans le sol tellement il est sec. J’ai dû arroser pour pouvoir les sortir sans les abimer".

"La chaleur c’est comme le froid, si c’est trop important, les cultures sont en état de stress" souligne-t-il. Tous les légumes souffrent. Ceux qui sont le plus affectés sont les légumes dits d’intersaison type brocolis ou chou-fleur.

Certains maraîchers n’hésitent pas à arroser en pleine journée. Le but étant de rafraichir l’air ambiant.

"L'année 2017 commence à faire peur, le froid au début de l’année et là, la canicule qui commence vraiment très tôt" s’inquiète Gabriel Fenaille.

Des moissons plus précoces et un manque d'herbe pour les vaches

La météo ne fait pas non plus l’affaire des agriculteurs. Fabrice Siret est producteur de céréales à Bessay-sur-Allier, dans l’Allier. Il cultive du maïs, du colza, du blé et de l’orge. Pas moins de 180 hectares. "On a beau arroser, l’eau s’évapore avec cette chaleur" explique Fabrice Siret. Puis il ajoute : "Avec ces températures, c’est comme si l’on mettait les graines dans un four. À ce stade, le blé est surtout menacé par ce phénomène d’échaudage". Les grains manquent d’eau, résultat leur croissance ne se fait pas convenablement, ce qui dégrade les rendements et la qualité. C’est le blé qui souffre le plus. Conséquence, les moissons pourraient être plus précoces que prévues.

Fabrice Siret élève également 50 vaches Salers. Avec la chaleur, l'herbe ne pousse pas or à cette époque de l'année, les bovins paissent dans les champs. "Je suis obligé de leur donner du foin, je tape dans mes stocks, d’habitude je commence à toucher à mes réserves seulement mi-août" déplore-t-il.

La hantise de 1976 refait surface : un été terriblement chaud et sec. Puis il conclut en disant : "Les gens vont penser que l’on se plaint tout le temps. Mais c’est vrai que cette année est vraiment difficile". Tous espèrent que la canicule qui touche la France ne va pas trop endommager leurs cultures. 

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