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Auvergne Rhône-Alpes : comment les centrales nucléaires font face à la canicule

EDF procède pour l'instant à de simples réductions temporaires de production. Ce fut le cas sur le site du Bugey, dans l'Ain, dimanche dernier pendant la journée. / © Vincent Isore / Maxppp
EDF procède pour l'instant à de simples réductions temporaires de production. Ce fut le cas sur le site du Bugey, dans l'Ain, dimanche dernier pendant la journée. / © Vincent Isore / Maxppp

Des ajustements de production d'électricité sont signalés ce mardi 23 juillet par EDF, dans certaines centrales nucléaires de la région Auvergne Rhône-Alpes. Mais pour l'instant, tous les réacteurs sont maintenus en activité, alors que commence un second épisode caniculaire.

Par Avec l'AFP

Après un premier épisode caniculaire au début juillet, et alors qu'une seconde canicule s'abat sur la France, les sites nucléaires font l'objet de toutes les attentions. Lors du dernier pic de chaleur, certaines centrales de la région Auvergne Rhône-Alpes semblaient voir des seuils critiques se rapprocher, supposant un arrêt prochain de réacteur. Mais en ce début de nouvelle canicule, la situation n'exige pas -encore- de prendre de telles mesures dans la région. 

 

Des réductions de production en cours


EDF a indiqué, ce mardi 23 juillet, qu'il allait réduire la production des deux réacteurs de la centrale de Saint-Alban (Isère), située au bord du Rhône, pour des raisons "liées à l'environnement". D'autre part selon nos informations, il a également diminué la production sur le site du Bugey, dans l'Ain, dimanche dernier pendant la journée. EDF avait par ailleurs prévenu d'un ajustement similaire sur le site du Tricastin dans la Drôme, en raison "des prévisions de débit sur le Rhône". Le groupe doit en effet respecter des seuils réglementaires de rejets des eaux chaudes dans les cours d'eau. 

 

Les seuils à respecter


L'électricien puise en effet dans les cours d'eau pour refroidir ses réacteurs, avant d'y rejeter une eau plus chaude. Mais celle-ci ne doit pas dépasser une certaine température, afin d'éviter des conséquences néfastes pour la flore et la faune aquatiques. En cas d'assouplissement ponctuel des valeurs limites de rejet, la surveillance de l'environnement est renforcée. "Les centrales rejettent de l'eau chaude et des substances radioactives et chimiques dans les cours d'eau. Si le cours d'eau à un plus faible débit, bien-sûr, la dilution est moindre, et l'impact sur la faune et la flore est accru", expliquait Charlotte Mijeon, membre du réseau "Sortir du nucléaire", lors du dernier épisode caniculaire. 

 

Pas de demandes d'exceptions pour l'instant


Malgré la canicule, EDF n'a pour l'instant pas demandé d'assouplissement des règles encadrant les rejets d'eau chaude de ses centrales nucléaires mais a seulement adapté sa production d'électricité, confirme ce mardi 23 juillet l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).  "Un assouplissement temporaire des valeurs limites des rejets thermiques peut être autorisé par l'ASN en cas de besoin du réseau électrique, comme cela a été le cas durant les épisodes caniculaires des étés 2003 et 2006", rappelle le gendarme du nucléaire. "L'ASN n'a pas été sollicitée pour instruire une demande d'assouplissement", ajoute l'agence, qui dit suivre "avec attention l'évolution de la situation", dans une note d'information.

 

Une adaptation au jour le jour


Si la température des cours d'eau s'approche des seuils critiques déterminés par les autorités, les centrales devront réduire leur production, voire stopper des réacteurs. L'an dernier en France, 4 réacteurs avaient dû être arrêtés durant l'été caniculaire, dont l'un de ceux de la centrale du Bugey (01).  Or, au Bugey, la température de l'eau était élevée en ce début juillet. Prélevée à 24,30°C, elle était rejetée à 24,7°C par la centrale, selon EDF, alors que le seuil à ne pas dépasser est situé à... 26°C. Mais la température du cours d'eau est redescendue de quelques précieux degrés ces dernières semaines. Cela dit, la situation peut varier chaque jour, et la centrale indique qu'elle s'adaptera en fonction des évolutions à venir, difficiles à anticiper selon les équipes interrogées sur place.

 

Un seul arrêt de réacteurs en France


"A ce jour, EDF a adapté le fonctionnement de certains réacteurs afin de respecter les valeurs limites définies par la réglementation", rappelle par ailleurs l'ASN. EDF avait en effet annoncé lundi son intention d'arrêter cette semaine les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) en raison de la canicule et des prévisions de température de la Garonne. L'ASN fait là également référence aux adaptations de production sur les sites de l'Ain, de l'Isère et de la Drôme évoqués précédemment. La consommation d'électricité en France va croître cette semaine avec la canicule, mais la production sera suffisante, avait assuré lundi RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension.
 

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