Une auxiliaire de puériculture d'Échirolles reconnue victime de la vaccination contre l'hépatite B

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La Justice a reconnu le lien entre la vaccination contre l'hépatite B et la maladie musculaire d'une auxiliaire de puériculture de l'Isère. L'arrêt de travail de cette femme n'avait plus été indemnisé à partir de 2010. 

Par FG avec AFP

C'est la cour administrative d'appel de Lyon qui est revenu, le 4 mai dernier, sur un jugement du Tribunal administratif de Grenoble datant de septembre 2014. La cour ordonne que la victime, aujourd'hui âgée de 65 ans, perçoive ses salaires "depuis sa mise en disponibilité d'office en 2010".

Après une vaccination en 1993 alors que Nadine Dewailly était en formation, puis un rappel en 1999, cette auxiliaire de puériculture du CCAS d'Échirolles avait développé, deux ans plus tard, une myofasciite à macrophages, qui se caractérise par une fatigue chronique, des douleurs articulaires et musculaires et des troubles cognitifs.

Lien de causalité

Dans son arrêt, la cour souligne que la plaignante n'avait "jamais manifesté de symptômes invalidants antérieurement" à ces vaccins contre l'hépatite B, et "qu'il ressort du rapport d'expertise du 26 août 2011 qu'elle présente des lésions musculaires de myofasciite à macrophages traduisant la persistance in situ, prolongée dans le temps, d'hydroxyde d'aluminium (stimulant immunitaire), des années après l'injection intramusculaire d'un vaccin contenant ce composé comme adjuvant".

Elle considère que "le lien de causalité entre la vaccination contre l'hépatite B subie dans le cadre de l'obligation vaccinale liée à son activité professionnelle et la myofasciite à macrophages dont elle souffre, doit être considéré comme établi" et que sa maladie "doit être considérée comme imputable au service".

Pour Me Gerbi, avocat de la plaignante, l'arrêt de la cour administrative de Lyon "démontre, si besoin était, que le combat pour la reconnaissance des victimes de vaccination et la transparence des risques sanitaires n'est pas achevé".

Interview réalisée par Grégory Lespinasse et Didier Albrand
Interview Me Hervé Gerbi

Fait rarissime, en 2014, l'État a été condamné à verser 2,4 millions d'euros à une ancienne infirmière ayant déclaré une sclérose en plaques après des injections contre l'hépatite B reçues à partir de 1991 dans le cadre de son activité professionnelle.

Un non

Le 9 mars, la Justice a rendu un non-lieu dans l'enquête sur le vaccin contre l'hépatite B, mis en cause dans l'apparition de certaines maladies neurologiques telles que la sclérose en plaques, après 17 ans d'instruction. Conformément aux réquisitions du parquet, la juge d'instruction parisienne a conclu à l'absence de "causalité certaine", ne retenant pas de "faute d'imprudence ou de négligence" des mis en cause.

L'avocat de Nadine Dewailly redoutait qu'après cette décision les laboratoires soient définitivement blanchis. Or la Justice reconnaît qu'il n'y a pas eu volonté d'empoisonner, mais au cas par cas un lien peut exister entre la vaccination et le développement de certaines pathologies. 

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