Aurillac : une discothèque fermée par la préfecture après l'altercation mortelle du 1er décembre

La discothèque d'Aurillac Bateau Lavoir sera fermée pour 2 mois après une décision préfectorale. / © L. Ribes / France 3 Auvergne
La discothèque d'Aurillac Bateau Lavoir sera fermée pour 2 mois après une décision préfectorale. / © L. Ribes / France 3 Auvergne

À Aurillac, la préfecture du Cantal a procédé à la fermeture administrative de la boîte de nuit Bateau Lavoir pour une durée de deux mois, après le décès d'un homme d'une quarantaine d'années qui sortait de l'établissement.

Par Solenne Barlot

Après la mort d'un homme d'une quarantaine d'années lors d'une bagarre à Aurillac le 1er décembre, la préfecture du Cantal a pris la décision de fermer temporairement la discothèque Bateau Lavoir, dans laquelle la victime avait eu un premier échange houleux avec son agresseur présumé. Frédéric Druot, l'un des deux patrons de la discothèque, ne comprend pas cette décision : "Les deux protagonistes ont eu une altercation verbale, mais la sécurité est immédiatement intervenue. Ils n'ont même pas quitté l'établissement à la même heure, on suppose que l'un a attendu l'autre mais nous ne sommes pas responsables de ça. La bagarre a eu lieu sur la voie publique et n'était même pas dans notre champ de vision. On aurait jamais pu imaginer que ça se terminerait comme ça."

"On a fait appel à notre avocat"

Reçu par la préfecture pour un débat contradictoire, Frédéric Druot affirme avoir tenté de s'expliquer : "L'auteur des faits n'était pas alcoolisé d'après ce que nous a dit la police, et la victime avait bu mais nous ne l'avons pas servi. Il a rejoint des amis qui étaient attablés mais à aucun moment il n'est venu chercher un verre au bar ". Le directeur se voit malgré tout notifier la fermeture temporaire de son établissement le 13 décembre. "On est très étonnés, on trouve que c'est une décision excessive. On a fait appel à notre avocat pour voir s'il y a un recours". Frédéric Druot craint également pour la sécurité des jeunes gens qui fréquentent sa discothèque. Selon lui cette fermeture aggrave les risques : "Les jeunes sont en vacances, ils continueront à sortir, sauf qu'ils iront à 80 kilomètres pour le faire. À cette période de l'année, les routes sont dangereuses."

Une remise en cause économique

Si la préfecture affirme que toutes les autres options ont été envisagées, Frédéric Druot se sent abandonné par les pouvoirs publics : " On ne se sent pas épaulés, alors que cela fait des années qu'à chaque réunion on demande plus de présence policière aux abords de nos établissements mais on n'est pas entendus. On fait déjà la police dans la discothèque, on ne peut pas la faire partout." De son propre aveu, son établissement aura du mal à faire face économiquement à deux mois de fermeture.

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