Cantal : la sécheresse inquiète les éleveurs

Après un mois de juillet extrêmement sec consécutif à un printemps très doux, la récente canicule a aggravé la sécheresse qui touche une grande partie du Cantal. Malgré les orages de ces derniers jours, la situation devient alarmante pour les agriculteurs.
 
Même à 1 400 mètres d'altitude dans le Cantal, les bêtes souffrent de la sécheresse.
Même à 1 400 mètres d'altitude dans le Cantal, les bêtes souffrent de la sécheresse. © Bruno Livertoux / FTV
A 1400 m d'altitude, perchés face au Puy Mary, les pâturages de la famille Tissandier offrent un triste décor. A Saint-Paul-de-Salers dans le Cantal, Arnaud Tissandier, du Gaec du Pré de Merle, explique : « C’est catastrophique de voir des pâturages comme cela. Il reste quelques trucs à bouffer mais ça ne nourrit plus les bêtes. Elles se remplissent le ventre et puis voilà ».

Des agriculteurs désemparés

Au printemps, l'herbe y était pourtant abondante mais les fortes chaleurs et le manque de pluie, ont littéralement cuit la végétation. Arnaud Tissandier poursuit : « Du temps de mes grands-parents, de mes parents, jamais ils n’ont connu cela. Ils n’ont jamais connu de période sèche. Quand les vaches partaient en estive au printemps, ils se disaient qu’elles étaient tranquilles jusqu’au mois d’octobre. Jamais les vaches n’ont au de difficultés pour paître à 1 500 mètres d’altitude. Ca me met les larmes aux yeux, quand j’arrive là et que je vois les vaches qui triment comme ça. On se fait chier tous les jours. Franchement c’est désolant ». Sur ce flanc de montagne, les 65 vaches et leurs veaux devaient paître jusqu'à l'automne. Mais c'est à se demander si les 85 hectares suffiront à les nourrir jusque-là. Nathalie Tissandier, du Gaec du Pré de Merle, souligne : « Il faut que ça tienne, car on aime nos bêtes et notre métier. On n’a pas le choix. C’est vrai que les larmes nous arriveraient des fois ».

Une situation alarmante

Plus bas dans la plaine, à Saint-Chamant, la situation est tout aussi alarmante, malgré les orages de la veille. François Fabre, du Gaec Fabre, indique : « Il faudrait espérer 200 mm sur les 15 prochains jours pour relancer la flore du sol ». L'herbe jaunie est tout simplement morte. Alors François rationne son troupeau. François Fabre conclut : « Aujourd’hui, le troupeau qui est derrière moi a 3 jours d’herbe. Donc début de semaine prochaine, c’est une alimentation 100 % fourrage. Les troupeaux vont descendre de l’estive dans les 15 prochains jours ». La descente des estives sera anticipée pour un tiers de son cheptel, avec la certitude que ses stocks de fourrage ne seront suffisants pour passer l'hiver.

 
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