Carte scolaire 2020 : dans l’Académie de Clermont-Ferrand le compte n’y est toujours pas pour les syndicats

Le Ministre de l’Education Nationale l'a annoncé fin mars : pas de suppression de classes dans les communes de moins de 5000 habitants. Les retraits de postes prévus dans l’Allier, la Haute-Loire et le Cantal sont donc annulés. Mais les syndicats n’y trouvent pas leur compte.
Malgré le confinement et la fermeture des écoles jusqu’au 11 mai prochain au moins, la rentrée 2020 se prépare en coulisses et en visio-conférences.
Initialement, dans le premier degré, l’administration prévoyait de supprimer 11 postes de professeurs des écoles dans l’Allier, 6 en Haute-Loire et 3 dans le Cantal. Mais l’annonce faite le 27 mars dernier par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, a rebattu les cartes.
Toutes ces suppressions sont annulées et le Puy-de-Dôme, qui devait gagner 20 nouveaux postes au départ, en aura finalement 43 de plus qu’à la rentrée précédente. « Cela nous permettra d’améliorer le taux d’encadrement des élèves dans nos quatre départements », s’est félicité le Recteur d’Académie, Karim Benmiloud, sur son compte Tweeter.

En Haute-Loire les syndicats votent contre le projet de carte scolaire


Dans un communiqué, l’Inspectrice d’Académie de Haute-Loire se félicite que son département « conservera donc l’intégralité de ses postes de professeurs des écoles malgré une baisse continue des effectifs depuis plusieurs années (15 114 élèves à la rentrée 2014 / 13 808 à la rentrée 2019 et 150 de moins attendus en septembre prochain) ».
Et pourtant, lors du Comité Technique Spécial Départemental qui vient d’avoir lieu, tous les syndicats d’enseignants ont voté contre cette carte scolaire en préparation.
« Nous aurions besoin d’une dizaine d’ouvertures de classes, à Saint-Beauzire, à Javaugues par exemple, mais une seule est prévue, à Dunières », explique Magali Laurent, secrétaire du syndicat SE-UNSA en Haute-Loire.
D’après le syndicat, contrairement aux prévisions publiées par l’Inspection Académique, les effectifs devraient augmenter à la rentrée : 176 nouveaux élèves seraient prévus dans les écoles maternelles et primaires de Haute-Loire.
Autre point de désaccord : l’administration veut réorganiser son service de remplacement et créer une brigade départementale à la place du système actuel par circonscriptions. « On ne sait pas comment cela sera géré et en terme d’organisation c’est beaucoup plus compliqué pour nos collègues remplaçants », estime la syndicaliste.

43 postes en plus pour le Puy-de-Dôme mais des syndicats mécontents


Dans le Puy-Dôme, les représentants syndicaux se sont également prononcés contre le projet de carte scolaire il y a quelques jours. « Certes, le secteur rural est préservé mais plusieurs dispositifs sont mis à mal, commente Régine Dumas pour le SNUIPP-FSU. Des postes de soutien scolaire, des postes du dispositif Plus de maîtres que de classes ou encore 5 postes de Rased pour les élèves en difficulté vont disparaitre ».
D’après la syndicaliste, l’Inspection d’Académie du Puy-de-Dôme demandait 65 postes supplémentaires à la rentrée prochaine car le département est depuis plusieurs années en zone rouge en matière de remplaçants. Alors, malgré l’annonce de 43 postes en plus, le compte n’est pas bon et des ouvertures attendues sur Clermont-Ferrand ne pourront pas se faire, par exemple pour le dédoublement des classes maternelles de grande section en zone d’éducation prioritaire (zones REP).
Les syndicats espèrent de nouvelles propositions pour le prochain Comité Technique Départemental en fin de semaine.

Même chose dans l’Allier, où, selon Valérie Bardet du SNUIPP-FSU : « Protéger le rural est une bonne chose à condition de s’en donner les moyens. L’administration ouvrira seulement 4 classes en en fermant 4 ailleurs alors qu’il aurait fallu en ouvrir une quinzaine ! ».

Lycées et collèges : 80 postes en moins dans l’Académie


Alors que fin janvier le Rectorat se félicitait dans un communiqué du « maintien des moyens d’enseignement dans le second degré avec des redéploiements en faveur des remplacements », en constatant la stabilité des effectifs (85 000 élèves attendus dans les collèges et lycées auvergnats), là encore les syndicats n’ont pas la même vision.
Pour Claude Delétang, co-secrétaire de la FSU Auvergne-Rhône-Alpes, les chiffres sont là : « En septembre, l’Académie de Clermont-Ferrand va perdre plus de 80 postes dans ses collèges et lycées. Vue la crise que nous traversons, c’est lamentable de taper une fois de plus sur l’Education Nationale ! ».
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