Cocaïne, héroïne.. des drogues en expansion à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes

La cocaïne et l'héroïne sont de plus en plus répandues à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes selon une note de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée ce jeudi. 
 
Une bouteille de méthadone, un substitut légal de l'héroïne au milieu de déchets dans un parc à Paris
Une bouteille de méthadone, un substitut légal de l'héroïne au milieu de déchets dans un parc à Paris © JOEL SAGET / AFP
La cocaïne est omniprésente et de plus en plus accessible à Lyon et dans la région. Cela suit la tendance nationale et c'est la principale observation soulevée par l'OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies) dans son rapport annuel publié ce 20 décembre.

Cette drogue est présente partout, dans tous les milieux sociaux et à un prix de moins en moins élevé. On pourrait penser que la baisse du coût à l'achat est accompagnée d'une réduction de pureté de la drogue, mais c'est l'inverse qui est souligné par l'Observatoire. En effet, un certain nombre d’échantillons collectés avaient "des taux de pureté extrêmement élevés (entre 70 % et 95 %) et pour la plupart sans produit de coupe actif".  

En région lyonnaise, les saisies se "font par kilos, voire dizaines de kilos", dans des voitures venant d’Espagne, de Suisse, des Pays-Bas ou de Belgique, dans des valises ou encore conditionnés en ovule ingérés par des passagers ayant atterri à Orly ou Saint-Exupery. 
 
Mais ce n'est pas le cas uniquement à Lyon. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux dans l’Ain, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme…Et on ne se contente plus de "sniffer" la coke, on peut aussi la tasser la fumer.  

Concernant l'héroïne, son trafic comme sa consommation concerne désormais non plus seulement les départements proches de la Suisse (territoire traditionnellement contrôlé par les réseaux albanais), indique le rapport,  mais aussi toute la région lyonnaise, le bassin stéphanois, et plus largement l’Ain, l’Isère, et des villes d’Auvergne (Montluçon, Clermont-Ferrand, Le Puy-en-Velay). 
 

Des consommations saisonnières

Les vendanges, cueillettes de fruits, stations de ski sont nombreuses en région Auvergne-Rhône-Alpes. L'OFDT souligne l'importance des activités saisonnières comme des moments propices à la consommation de drogues.
Les consommations sont à la fois liées à la fête et la recherche de convivialité chez des personnes souvent jeunes, mais aussi lorsque le travail est intense et fatigant. La prise de produits stimulants (cocaïne) est donc plus importante. Il existe donc des consommateurs tout comme des dealers "saisonniers" qui répondent à une demande exceptionnelle. 
 

Les fêtes : espace de consommation 


Dans les clubs et espaces festifs, c'est l'ecstasy qui a encore la première place des drogues consommées, plus discrète pour l'ingérer. La cocaïne s’y diffuse de plus en plus et le GHB se rencontre occasionnellement. Mais le rapporte note aussi une réapparition du poppers tout comme du "proto". Ce dernier est un gaz hilarant, extrait de bonbonnes industrielles et vendu 1 à 2 euros l'unité. Il est utilisé comme gaz de pressurisation d'aérosol, en particulier alimentaire, par exemple pour la chantilly. On peut facilement le trouver sur Internet et il est de plus en plus acheté en soirées étudiantes... Or ce produit n'est pas anodin. Plusieurs jeunes sont décédés au Royaume-Uni mais aussi en France ces dernières années. 

En ce qui concerne les fêtes dites "alternatives", ce sont plutôt les drogues hallucinogènes qui ont la côte. 

 
Tendances de la consommation de drogues en Auvergne-Rhône-Alpes
Infogram


 
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