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Comptes de campagne de Nicolas Sarkozy: “on est encore en République et donc les lois s'appliquent à tous”, Raymond Avrillier

Raymond Avrillier sur le plateau de France 3 Alpes / © France 3 alpes
Raymond Avrillier sur le plateau de France 3 Alpes / © France 3 alpes

Raymond Avrillier était l'invité du 19/20 de France 3 Alpes, mardi 28 janvier, après l'ouverture d'une enquête sur un meeting de Nicolas Sarkozy qui n'avait pas été intégré aux comptes de campagne. C'est une nouvelle fois "l'obstiné" grenoblois qui est à l'origine de ce coup d'éclat. Interview.  

Par FG avec AFP

Symboliquement, il a choisi le 14 juillet 2013 pour envoyer une lettre à la Cour des Comptes et au parquet général de la cour d'appel de Paris. Raymond Avrillier a obtenu gain de cause: une enquête a bien été ouverte à Paris sur le financement d'un des meetings de Nicolas Sarkozy, en 2011, alors qu'il ne s'était pas encore déclaré. Et pourtant, au regard de la ferveur, ce meeting de Toulon ressemblait à s'y méprendre à un rassemblement de campagne. Il aura coûté 155.715 euros. Une somme qui n'a jamais été intégrée aux comptes de campagne de l'ex-président et Raymond Avrillier évoque aujourd'hui un "détournement de fonds publics" voire une "prise illégale d'intérêt". Le Grenoblois est aussi à l'origine d'une enquête préliminaire autour des sondages de l'Elysée à l'époque de Nicolas Sarkozy. 

"On est encore en République et donc les lois s'appliquent à tous", justifie Raymond Avrillier dans une interview donnée sur le plateau France 3 Alpes. "Quand on voit les liquidations d'entreprises (...) on est en droit de se demander comment est utilisé l'argent public", ajoute ce militant écologiste de Grenoble qui s'est fait connaître pour avoir révélé l'affaire Carignon, mais aussi pour avoir dénoncé les tarifs irréguliers du chauffage collectif... Un "obstiné" que les écologistes grenoblois ont placé à la 59e place sur leur liste aux Municipales. 

Interview réalisée par Pauline Alleau
Interview Raymond Avrillier
Extrait 19/20 du 28 janvier


Un meeting déjà pointé du doigt par le Conseil constitutionnel 


Le meeting au coeur de l'enquête a eu lieu le 1er décembre 2011, à Toulon, cinq mois avant la présidentielle. Devant 5000 personnes, le président Sarkozy s'était employé à conjurer la "peur" de la crise économique. Il ne briguait pas encore officiellement un second mandat, puisqu'il avait attendu la mi-février 2012 pour formaliser cette candidature.

Dans son compte de campagne, M. Sarkozy n'avait pas inscrit un seul euro dépensé avant cette entrée en lice officielle dans la course à l'Elysée. Ceci avait été épinglé en décembre 2012 par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) en rejetant les comptes de Nicolas Sarkozy. La CNCCFP avait été suivie dans son analyse quelques mois plus tard par le Conseil constitutionnel.

Dans leur décision du 4 juillet 2013, les Sages avaient estimé que cette réunion publique ne pouvait être regardée comme s'inscrivant dans "l'exercice du mandat présidentiel" de M. Sarkozy. Ils insistaient sur "l'implication de l'UMP dans cette manifestation", sur "l'ampleur du public convié, comprenant notamment des adhérents et sympathisants de l'UMP", sur les "modalités d'aménagement des locaux" et les "moyens de communication déployés".

Polémique autour d'un meeting
France 3 Provence-Alpes

"Une enquête logique"


"Du fait du caractère électoral de cette réunion publique à Toulon, il y a lieu de réintégrer au compte de campagne les dépenses afférentes à cette réunion, déduction faite des frais de protection et de transport attachés à l'exercice du mandat de président de la République", indiquait le Conseil constitutionnel, qui chiffrait à 155.715 euros "les dépenses propres à la réunion elle-même".

Cette somme aurait dû être prise en charge par la campagne Sarkozy, selon le Conseil constitutionnel. Les Sages rappelaient à cette occasion qu'un compte de campagne retraçait l'ensemble des dépenses engagées en vue d'une élection dans l'année précédant ce scrutin, et que la date de déclaration de candidature était sans incidence sur le caractère électoral des frais engagés.

Il est établi que le budget de l'Etat a pris en charge des dépenses du candidat"


D'où les lettres adressées le 14 juillet par M. Avrillier à la Cour des Comptes et au parquet général de la cour d'appel de Paris. "Il est établi que le budget de l'Etat a pris en charge de manière irrégulière (...) des dépenses du candidat M. Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012", indiquait dans ces courriers le militant écologiste, tout en dénonçant des "détournements de fonds publics" et une "prise illégale d'intérêt".

A la suite de ces courriers, le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la police judiciaire, selon la source proche du dossier. "C'est une enquête importante, qui est logique, car les faits ont été rapportés par le Conseil constitutionnel lui-même", explique Raymond Avrillier.

Le "Sarkothon"

Mesure sans précédent pour un ancien chef de l'État, l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy avait privé l'ex-candidat UMP du remboursement par l'État de quelque 10 millions d'euros (10,6 M) de frais de campagne. Il avait également été astreint à payer au Trésor public 363.615 euros correspondant au dépassement du plafond légal des dépenses. Une somme qui a été remboursée, selon l'UMP.

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