Crimes de Voreppe: quand l'ADN permet de résoudre des affaires

Prélèvement d'ADN / © AFP
Prélèvement d'ADN / © AFP

Plusieurs affaires criminelles ont été résolues ces dernières années grâce à l'ADN. Ce fut le cas en 2013 dans l'affaire de Voreppe où un homme avait été confondu grâce à son inscription au fichier national et après croisement avec des traces d'ADN retrouvées sur les lieux des crimes.

Par FG

L'ADN, molécule qui codifie le patrimoine génétique unique de chacun, permet, depuis la fin des années 1980, d'identifier un individu avec certitude. Parfois l'identification survient plusieurs années après le crime, comme c'est le cas pour Georges Pouille arrêté et confondu près de 20 ans après les faits à Voreppe (Isère).

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La liste des meutriers ainsi retrouvés des années après leurs actes ne cesse de s'allonger. 

- 16 avr 1996: Un architecte de 69 ans à la retraite est torturé avec une perceuse et tué avant d'être cambriolé à la Celle-Saint-Cloud (Yvelines). Michel Ambras, dont l'ADN a été relevé pour une autre affaire de vol, est confondu en 2010 - quatorze ans après les faits - par ses empreintes retrouvées sur le lieu du crime. Il est condamné à vingt-cinq ans de prison. Un présumé complice est décédé avant le procès.

- 18 juil 1996: L'adolescente britannique Caroline Dickinson est violée et tuée à Pleine-Fougères (Ille-et-Vilaine). Un vagabond de 39 ans, déjà condamné pour moeurs, avoue, mais l'ADN le disculpe. Il confondra en revanche en 2001 - 5 ans après les faits - l'Espagnol Francisco Arce Montes, 55 ans, arrêté pour une autre agression à Miami. Il sera condamné en juin 2005 à 30 ans de réclusion.

- 11 jan 2002: Le corps calciné d'Elodie Kulik, 24 ans, est retrouvé le long d'une route à quelques kilomètres de Péronne (Somme), où elle dirigeait une agence bancaire. Un préservatif et un mégot retrouvés près du corps permettent le relevé de deux empreintes ADN. Malgré d'intenses recherches dans les fichiers, il faut attendre 2012 - soit dix ans - pour qu'une expertise identifie un des agresseurs, Grégory Wiart, mort depuis l'agression dans un accident de voiture. Un autre agresseur présumé, Willy Bardon, en attente de procès, est identifié par sa voix.

- Juin 2004: Trois meurtres - ceux de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, Hedwige Vallée, 38 ans, et Julie Scharsch, 14 ans - sont commis dans le Bas-Rhin. Le 2 octobre 2008 - quatre ans après les faits -, Pierre Bodein, 59 ans, dit "Pierrot le Fou", multirécidiviste en liberté conditionnelle, est condamné à perpétuité après avoir été identifié par son ADN comme l'auteur du triple assassinat.

- 23 juil 2006: A Séoul, Jean-Louis Courjault découvre dans son congélateur deux corps de nouveaux-nés. Avec sa femme Véronique, ils nient être les parents de ces enfants tués à la naissance, mais deux mois et demi après, le 10 octobre 2006, les expertises d'ADN prouvent le contraire. Le père aura un non-lieu mais la mère sera condamnée à 8 ans d'emprisonnement en juin 2009.

- 24 jan 2013: Le corps d'une joggeuse est découvert sur un chemin de garrigue à Courbessac, près de Nîmes, à demi dénudé et présentant de nombreuses traces de blessures à l'arme blanche. Un cutter et deux pierres ensanglantées sont retrouvés à proximité. Moins d'une semaine plus tard, un Britannique de 32 ans, habitant à 300 mètres de là, est confondu par son ADN retrouvé sur les objets trouvés à proximité du corps.

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