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Diocèse de Lyon : les vrais coûts de la crise

Pour faire face aux développements médiatiques des affaires de pédophilie, le diocèse de Lyon a fait appel à une agence spécialisée dans la communication de crise. Il lui en coûterait entre 1500 et 2000 euros par jour. Une estimation formellement contestée par le diocèse.    

Par Ph.Bette avec Sylvie Cozzolino

Pour mieux gérer sa communication et les réactions dans les affaires de pédophilie, le diocèse de Lyon a passé un contrat avec une agence spécialisée "Vae Solis Corporate" (littéralement « l’homme qui va seul"). Celle-ci intervient sur demande du diocèse de Lyon et facture ses honoraires en conséquence. Il en coûterait de 1500 à 2000 euros selon un spécialiste. Ce chiffre est néanmoins formellement démenti par l'agence "Vae Solis" qui estime qu' "il est sans fondement avec la réalité."    

Cette estimation est aussi formellement contestée par le diocèse de Lyon qui l'a fait savoir dans un tweet .
 



Cet autre spécialiste des contextes de crise, qui n'a pas été sollicité pour la circonstance par le diocèse de Lyon, explique que cette facturation n'aurait rien d'extravagant, compte tenu de l'enjeu  : "Ces tarifs s'alignent sur ceux d'un cabinet d'avocat spécialisé précise-t-il . Tout cela sans compter un éventuel media-training ou la mise en place de stratégies de communication. "Des prestations qui peuvent donc vite faire grimper la facture : "Evidemment, ce tarif, évolutif, n'a pas de limites".

Nos confrères d' "Arrêts sur image", qui ont eux aussi enquêté sur le sujet, expliquent que l'agence "Vae Solis" a été sollicitée par le diocèse de Lyon "début mars pour une mission de conseil ponctuel et de veille des médias". Soit déjà très tardivement, bien après que "La Parole libérée" ait rendu publique son action en justice contre le père Preynat.


"Ce dossier est une boule de pus pour une agence de communication de crise "





Le diocèse de Lyon n'a donc jamais vraiment mesuré l'impact de cette polémique et a tardé à prendre les mesures qui s'imposaient. Car ici aussi, il est d'autant plus facile de circonscrire l'incendie que l'alerte est donnée à temps.  

Notre propre source, fort bien documentée, estime donc que Mgr Barbarin aurait dû dès le départ joué la transparence et reconnaître ses erreurs. Et il s'interroge, à titre plus personnel : " J
e ne comprends pas pourquoi un homme d’Eglise avec autant d’expérience et tourné vers l’humain a besoin d’une agence de communication de crise. C’est inquiétant».


"Je me sens dans l'obligation d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres" - Mgr Barbarin - 


Mieux conseillé dans sa communication, Mgr Barbarin infléchit son discours. Le mercredi 23 Mars, il demande pardon aux victimes des prêtres pédophiles lors de la messe de Carême qu'il donne à la primatiale St Jean Baptiste à Lyon. Une confession publique : "Je demande personnellement pardon pour les dommages que ces prêtres ont causés en abusant sexuellement des enfants, quand bien même je n’étais pas évêque au moment de ces faits abominables". 

Puis il convoque les prêtres de son diocèse fin avril. Il annonce des mesures concrètes pour venir en aide aux victimes d'actes pédophiles. Il admet encore "des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres". Mais curieusement, alors que cette réunion doit venir renforcer la cohésion de l'Eglise prise dans la tourmente, elle tourne de nouveau au fiasco. Des prêtres se hasardent devant micros et caméras à des commentaires déplacés. Ce qui oblige Mgr Barbarin à intervenir pour leur réclamer des excuses publiques. Communication maladroite qui ne fait que renforcer le malaise. 
Déclaration
                

Partagé entre l'esquive et l'improvisation, le diocèse de Lyon tergiverse. Il hésite à faire son méa culpa et finalement alimente le doute. L'Eglise de France toute entière le paie cher aujourd'hui en termes d'image et de crédibilité et bien davantage, ma foi , que les généreux hororaires versés pour sa communication de crise.  

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