C’est la galère au quotidien pour les habitants d’Echevis (Drôme) depuis que la route est coupée pour cause de travaux

Les habitants de la petite commune d'Echevis, au coeur du Vercors drômois, sont plus que jamais enclavés depuis deux semaines. En cause: des travaux sur la route d'accès au Royans. La situation devrait durer jusqu'à fin octobre. Difficile à vivre pour les habitants les plus âgés et les enfants.

Les tunnels des petits goulets, ouvrages construits au milieu du 19ème dans le Vercors, sont en travaux depuis deux semaines. Leur remise aux normes est nécessaire pour permettre aux plus gros véhicules de les emprunter. Mais ces travaux ne sont pas sans conséquences pour les habitants du secteur. Ainsi, la route qui conduit au petit village d'Echevis a été fermée. Le quotidien est totalement chamboulé pour les 56 habitants, plus enclavés que jamais. Ces habitants se sentent bien seuls, plus que d'habitude. Ils doivent contourner la montagne pour se rendre dans le Royans. Ils doivent faire un détour de près de près de 50 km sur de petites routes de montagne, via La Chapelle en Vercors. Une heure de trajet contre dix minutes. Et la circulation ne le permet pas toujours. 

Pénible enclavement pour Echevis  

"Il faut faire le tour. Une heure de voiture. D'habitude ma fille me rend visite tous les dimanches, là elle ne va pas venir," se désole une habitante privée de visite. Pour les habitants les plus âgés, cette situation d'isolement et le sentiment de confinement sont difficile à vivre. La retraitée est également inquiète pour l'accès à son médecin et aux secours. 

Changement d'infirmière à domicile pour les uns, temps de trajet rallongé pour les salariés, scolarité chamboulée pour les enfants... les conséquences sont nombreuses pour la vie quotidienne de chacun. "Les collégiens partent le matin à 6h30 pour arriver au collège vers 8h moins le quart. Et le soir, ils repartent du collège à 5h30 avec une heure de route pour arriver chez eux," explique le maire Philippe Inard. "Emprunter la déviation, une heure le soir et une heure le matin, ce n'était pas possible pour les plus petits. Certains parents ont fait le choix de changer leurs enfants d'école," résume l'élu. Des changements d'école qui concernent surtout des enfants du premier cycle. Et c'est sans compter les incidences sur les exploitants agricoles qui travaillent de part et d'autres du tunnel en chantier. "On s'adapte mais je suis en colère", a confié le maire. Une autre solution de déviation, moins longue, a été envisagée mais elle s'est heurtée à l'opposition de deux riverains. 

Un peu plus haut, au bord de la route désertée, c'est le gite-restaurant de Philippe Devoldere qui pâtit aussi des conséquences de la fermeture de la route. Aujourd'hui, le restaurateur a dressé quelques tables pour d'éventuels clients de passage mais le propriétaire n'y croit pas. Le gîte a rouvert ses portes cet été après de longues années de fermeture et le restaurateur comptait, un peu, sur l'arrière-saison touristique. "L'activité est importante, même en période creuse c'est toujours un minimum qui permet de survivre et de passer les caps difficiles de l'hiver," explique-t-il.

Les travaux doivent s'arrêter fin octobre mais deux autres phases sont prévues en 2022 et 2023.

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