"Ça m’a pris au cœur", des collégiens ont assisté à la panthéonisation du résistant Missak Manouchian

Ils n'ont que 13, 14, 15 ans et ont assisté à un moment historique. La classe de 3ème du collège Marc-Seignobos dans la Drôme a assisté mercredi 21 février à l'entrée au Panthéon du résistant Missak Manouchian. Une récompense de l'Elysée après un long travail de recherches et d'exposition à propos de la vie du militant arménien.

“Être au Panthéon, je ne m’en rends pas compte au moment présent, mais je me dis que je ne vivrais qu’une seule fois dans ma vie et que c’est vraiment exceptionnel que je sois là”. Inès Gauthier est en 3ème au collège Marc-Seignobos dans la Drôme. Avec toute sa classe, elle a reçu une invitation de l’Elysée pour assister à la panthéonisation de Missak Manouchian.  

Le résistant arménien fusillé pour son combat dans la résistance française, elle le connaît parfaitement. Pendant trois mois, il a été l’origine d’un long projet scolaire exposé dans le centre-ville de Chabeuil.

Un travail de recherches intensives

Je suis très fière de notre exposition, vu que ça a pris beaucoup de temps et que l’on a énormément travaillé dessus. On est très fière du résultat", renchérit la jeune fille, un grand sourire sur son visage, en admiration devant le monument que jusque-là elle n’avait aperçu que sur des photos.

Des centaines d’heures “à faire des recherches à partir de livres, de sites internet, à prendre des notes et ensuite à rédiger des textes, à travailler sur la mise en page, à chercher des images, à faire des demandes auprès des archives”. C'est le travail qu’ont fourni les élèves de Laure, leur enseignante d’histoire-géographie.

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“On a travaillé pendant 3 mois, ils ont effectué un travail de recherche historique. Ils avaient des thèmes, qui pouvaient porter sur la vie de Missak Manouchian, notamment dans l’empire ottoman, son entrée dans la résistance. Il y avait d’autres thèmes, c’est quoi le Panthéon, c’est quoi une panthéonisation”, explique l’encadrante, qui “avait pour idée de leur faire faire une exposition sur Missak Manouchian qui n'allait pas se cantonner au collège".

"Je voulais que ça soit une exposition vue par un maximum de personnes”, explique l’encadrante qui comme pour ses élèves, assiste à sa première panthéonisation.  

"D'une exposition, on se retrouve aujourd’hui au Panthéon"

Pour Laure, c'est une chance incroyable.

Je pense qu’ils ont conscience d’assister à un évènement historique. Le panthéon, c’est un lieu dont on parle souvent en cours. Arriver, voir ce lieu pour de vrai, rentrer à l’intérieur de ce site qui est absolument incroyable, je pense qu’ils se rendent compte que c’est un moment historique qu’ils vont vivre et que ça arrivera sans doute qu’une fois dans leur vie.

Laure

Enseignante d'histoire-géographie au collège Marc-Seignobos dans la Drôme

Effectivement, Inès, comme ses camarades de classe ont conscience de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre un tel moment. “C’est vraiment un honneur. C’est un évènement unique”, confie Nathan Hoberj, ravi de pouvoir profiter de ce déplacement pour en découvrir davantage sur la vie du résistant, mais aussi sur la ville de Paris.

Missak Manouchian, c’est un résistant qui s’est vraiment battu pour la France. J’attends qu’on lui rende hommage, pour lui et pour tous les autres résistants immigrés, étrangers”, ajoute le garçon. Éline quant à elle, retient “un homme qui s’est battu pour la France, bien qu’il ne soit pas Français, français de cœur, mais arménien d’origine”.

"Je trouve que c’est très impressionnant et très courageux de sa part", confie-t-elle. Certains ont choisi de s’habiller en conséquence, à la hauteur de l’homme que Missak Manouchian était et de l’hommage qui lui était rendu comme Lucas, vêtu de son plus beau costume.

C'est fort. On est parti d’une exposition et on se retrouve aujourd’hui au Panthéon. C’est énorme

Lucas

Élève de 3ème au collège Marc-Seignobos dans la Drôme

Finalement, un travail de "passeurs de mémoire"

Au sortir de la cérémonie, les élèves et professeur sont sans voix. Tous se disent “très émus”, aussi bien par l’arrivée du cercueil que par le discours du président Emmanuel Macron. "Ça m’a pris au cœur, tout ce qu’il [Emmanuel Macron] disait de lui", souligne Maxence.

“C’est vrai qu’entendre l’affiche rouge [NDLR : chanson rendant hommage aux immigrés résistants du « Groupe Manouchian »] chantée devant le Panthéon, c’est quelque chose”, souligne Laure, qui se dit que finalement, elle a “apporté ma pierre à l’édifice”, en permettant à ses élèves devenir “des passeurs de mémoire”.

“Ils pourront parler de ce qu'ils ont vécu autour d’eux. Finalement, c'est avec ce genre de travail qu’ils s’approprient cette histoire”, conclut l’enseignante.