Coronavirus et déconfinement : Drôme, une journée avec un maire qui s’arrache les cheveux pour organiser la rentrée

Rencontre avec un maire d'une commune rurale de la Drôme des Collines, Moras-en-Valloire, qui s'arrache les cheveux pour organiser la rentrée de ses 60 écoliers le 11 mai prochain.

Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme, se débat avec les règles de la distanciation physique depuis quelques jours maintenant. Masqué (crise sanitaire oblige), avec son mètre à la main, il tente de prendre les mesures d’une classe en prévision de la réouverture des écoles le 11 mai prochain.
Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme, se débat avec les règles de la distanciation physique depuis quelques jours maintenant. Masqué (crise sanitaire oblige), avec son mètre à la main, il tente de prendre les mesures d’une classe en prévision de la réouverture des écoles le 11 mai prochain. © FTV

En plein cœur d'une crise sanitaire sans précédent et à quelques jours du déconfinement du 11 mai, les maires sont au cœur du réacteur. Sans consigne vraiment claire, ils doivent anticiper la rentrée des élèves tout en garantissant aux parents des conditions d'hygiène sanitaire. S'ils sont les chevilles ouvrières d'un plan gouvernemental, ils se sentent un peu livrés à eux-mêmes. C'est le cas du maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme.

Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme, se débat avec les règles de la distanciation physique depuis quelques jours maintenant. Masqué (crise sanitaire oblige), avec son mètre à la main, il tente de prendre les mesures d’une classe, en prévision de la réouverture des écoles le 11 mai prochain.
Il cherche toutes les solutions pour agencer au mieux les salles de classe. 
Et ce n’est franchement pas simple. Un vrai problème de mathématiques pour une rentrée pas comme les autres, et même avec la meilleure volonté "Mettre 12 bureaux d’élèves, ça me paraît faisable mais 15 ou 16, ça me paraît clairement plus difficile."

La règle est de respecter 1 mètre minimum entre les élèves, et le casse-tête est le même dans chaque classe, restée figée depuis le 16 mars. Si désinfecter régulièrement sanitaires et poignées de portes paraît faisable, gérer le matériel collectif semble bien plus compliqué.

"Les maires se sentent un peu pris en étau, entre l’injonction nationale de rouvrir les écoles et le fait de n’avoir pas le choix"  raconte Aurélien Ferlay. "Nos compétences à nous, ce sont les locaux, le matériel, le périscolaire mais nous n’avons pas la compétence d’empêcher un fonctionnaire de l’Education nationale de travailler. Et puis, d’un autre côté, il y a les attentes familiales qui sont légitimes" reconnaît volontiers Aurélien Ferlay. "Ils veulent une hygiène et des conditions sanitaires irréprochables. Mais rendre l’école et tous les bâtiments publiques totalement étanches au virus, je ne peux pas faire cette promesse. Ce serait démagogique."

Faute de consigne gouvernementale précise pour le moment, l'élu ne touche pas terre.
Dans cette petite commune de la Drôme des collines, les 700 habitants vivent au rythme du Covid-19.
 
A Moras-en-Valloire, dans cette petite commune de la Drôme des collines, les 700 habitants vivent au rythme du covid-19.
A Moras-en-Valloire, dans cette petite commune de la Drôme des collines, les 700 habitants vivent au rythme du covid-19. © FTV

"Cet été, évidemment, nous célèbrerons des mariages et on espère le faire dans les meilleures conditions. Maintenant, on ne peut pas non plus, avoir de certitude sur le nombre de personnes qui seront autorisées à être présentes dans la salle de mariage."
 

Le maire, c'est un peu l'homme à tout faire 


Le maire est un peu l'homme à tout faire. Tantôt urbaniste,  tantôt veilleur quand il faut prendre des nouvelles d'une habitante vulnérable, car Mr le maire de Moras-en-Valloire prend, le temps aussi dans sa journée marathon de discuter au téléphone avec ses administrés qui lui racontent leur quotidien. "On n’a jamais autant mérité notre qualificatif de soutier de la République. C’est nous qui mettons en œuvre le quotidien. C’est nous qui sommes face aux gens pour répondre à leurs préoccupations et à leurs besoins."
 
"On n’a jamais autant mérité notre qualificatif de soutier de la République. C’est nous qui mettons en œuvre le quotidien. C’est nous qui sommes face aux gens pour répondre à leurs préoccupations et à leurs besoins" Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme.
"On n’a jamais autant mérité notre qualificatif de soutier de la République. C’est nous qui mettons en œuvre le quotidien. C’est nous qui sommes face aux gens pour répondre à leurs préoccupations et à leurs besoins" Aurélien Ferlay, maire de Moras-en-Valloire dans la Drôme. © FTV

Et justement, une des préoccupations de l'après 11 mai, ce sont les masques. Aurélien Ferlay a fait le tour des fournisseurs, 60.000 masques taille adulte seront distribués aux habitants de la communauté de communes d'ici le 11 mai.
Et chose rare, les enfants n'ont pas été oubliés. "Nous avons aussi pensé à la protection de nos petits bouts. On joue la sécurité, on estime que notre rôle d’élu c’est de prévoir des masques pour tous nos habitants, adultes, et enfants, que ce soit à l’école ou en dehors de l’école d’ailleurs." 5.700 masques taille enfant ont été commandés à la société TopTexCube de Claveyson, une entreprise de textiles innovants, spécialisée dans les masques anti-pollution.

C'est presque la fin de la journée, et de retour en mairie, Aurélien Ferlay s'installe dans son bureau pour une audioconférence avec les maires du secteur et l'inspecteur d'académie. Dans le flou depuis plusieurs semaines, l'élu espère enfin des précisions sur la rentrée des élèves "on nous demande d’être pragmatiques. Ça veut dire qu’il va falloir s’adapter et faire ce qu’on peut."

A quelques jours de cette rentrée inédite, l'équation que doit résoudre le maire de Moras-en-Valloire, Aurélien Ferlay comporte encore bon nombre d'inconnues.
 
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