Drôme. Soupçons de pédophilie sur le père Finet : d'anciennes élèves portent plainte pour diffamation pour le défendre

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Un collectif d'anciennes élèves porte plainte contre X pour diffamation et veulent défendre le père Finet, après des dénonciations d'abus sexuels au sein des Foyers de Charité dans la Drôme.

Décédé il y a 30 ans, le père Georges Finet est accusé de pédophilie par 46 témoins dans un rapport. Il avait fondé les Foyers de charité dans la Drôme en 1936.

Les victimes sont pour la plupart d'anciennes élèves de l'établissement  scolaire du Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme). Les témoignages recueillis par une commission indépendante décrivent le même mode opératoire: le père Finet invitait des enfants de 10 à 14 ans tard le soir pour des confessions.
 

Plainte pour diffamation



Vendredi 25 septembre, un collectif d'anciennes élèves d'un Foyer de Charité dans la Drôme a porté plainte pour diffamation après ces accusations.

"Nous nous interrogeons sur cette condamnation publique de portée internationale, faite sans légitimité, ni autorité, et sur les responsables de cette manipulation calomnieuse et diffamante", déclarent les plaignantes dans un communiqué de presse.

Le 7 mai dernier la direction des Foyers de Charité avait porté "à la connaissance de tous", dans une communication relayée par la Conférence des évêques de France, les conclusions d'un rapport interne accusant Georges Finet d'agissements "gravement déviants" et condamnés "sans réserve".

Vingt-six témoignages, émanant pour la plupart d'anciennes élèves du Foyer de Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) et couvrant la période 1945-1983, avaient fait état de "touchers" exercés sur diverses parties du corps et de "questions intrusives à caractère sexuel" posées lors de séances de confession, selon une synthèse de ce rapport.

Ces accusations avaient rencontré un grand écho médiatique.
 


Au total, plus de 140 personnes avaient répondu à un appel à témoins lancé par la commission de recherches sur le père Finet mise sur pied par les Foyers.

Depuis, un grand nombre d'anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure, ayant témoigné mais choquées par les conclusions du rapport, ont constitué un collectif attaché à défendre la mémoire du père Finet, à défaut de véritable enquête sur ses agissements présumés.

Le collectif revendique 154 membres aujourd'hui.

"Pourquoi cette "synthèse" à la rédaction aussi floue qu'imprécise, vide de faits circonstanciés, aux termes connotés émotionnellement, appelant le témoin "victime", les actes présumés "agissements", sans respect pour la présomption d'innocence?", dénonce-t-il.
 

Les "héritières morales" du père Finet



Parmi les anciennes élèves, qui se présentent comme les "héritières morales et spirituelles" du père Finet, 42 ont porté plainte contre X pour "diffamation envers la mémoire d'un mort", avec constitution de partie civile, devant le tribunal judiciaire de Paris.

"La gouvernance des Foyers de Charité nous a personnellement appelées à témoigner pour permettre de faire la vérité" mais "nous avons été trompées sur la finalité et l'utilisation de nos témoignages", déplorent-elles.

"Nous pensions que nos propos contribueraient à établir la vérité, non à une condamnation expéditive".

Mais le communiqué ne précise pas si les membres de ce collectif sont les mêmes personnes qui avaient porté les accusations dans le rapport.

Au mois d'août dernier, la famille et les neveux du père Finet avaient déclaré ne pas comprendre ces accusations, en affirmant ne pas avoir eu accès au document. La famille mettait en avant 143 témoignages, dont 117 en faveur du père Finet, et demandait une nouvelle enquête indépendante.

L'oeuvre des Foyers de Charité compte 78 sites sur quatre continents, où plus de 50.000 personnes sont accueillies chaque année pour des retraites spirituelles.