Emplois fictifs présumés au conseil départemental de la Drôme : enquête en cours

© France 3 RA
© France 3 RA

Le conseil départemental de la Drôme va-t-il être à son tour secoué par une affaire d'emplois fictifs ? Selon l'AFP, le parquet de Grenoble enquête après un signalement de la Chambre des Comptes. Quatre emplois sont dans le collimateur. Préjudice estimé : 170 00 à 195 000 euros.

Par AFP

Selon l'Agence France Presse et France Bleu Drôme-Ardèche qui a rendu public les observations de la Chambre régionale des comptes, une enquête est en cours, concernant une affaire d'emplois fictifs présumés au sein du Conseil départemental de la Drôme.

Le parquet de Grenoble s'est saisi du dossier après un signalement de la Chambre des comptes, et l'affaire remonterait au printemps 2015, au changement de majorité dans le département drômois.

Soupçons sur cinq emplois pour un préjudice estimé entre 170 000 et 195 000 euros

Les soupçons portent sur :

- 3 emplois de l'ancien exécutif du président sortant, le socialiste Didier Guillaume, qui auraient été indûment prolongés "afin de faciliter leur reconversion", souligne la Chambre régionale des comptes (CRC) Auvergne-Rhônes-Alpes dans son rapport, comme le révèle France Bleu Drôme-Ardèche.

- 2 contrats de membres du cabinet auraient été prolongés pour cinq mois alors qu' en tout état de cause, les deux intéressés n'ont pas travaillé pour le département durant cette période, souligne encore la Chambre. Elle a saisi le parquet de Valence, puis l'affaire dépaysée à Grenoble.

- Autre cas litigieux relevé par la juridiction financière qui concerne le directeur général des services (DGS) : un contractuel resté employé un an supplémentaire. Mais voilà que sur la même période, l'intéressé a pris sept mois de congés, puis passé 4 autres mois en formation.

- Enfin, la Chambre régionale des Comptes pointe également l'utilisation récurrente d'une voiture de fonction, des cartes essence, d'un téléphone professionnel.

Les réactions : 

Interrogé par l'AFP, Patrick Labaune, ex-président LR du Conseil départemental élu en 2015, assure avoir tout ignoré de la prolongation pour cinq mois des deux membres du cabinet. Il précise en revanche avoir passé avec le directeur général des services "un accord transactionnel" sur les conseils des avocats de la collectivité, pour que celui-ci puisse écluser ses congés et faire valoir son droit à la formation, avant d'être licencié.

"Si les faits devaient être définitivement avérés, je les dénonce et les condamne avec la plus grande fermeté. Pour moi, la politique, ce n'est ni bidouille, ni magouille", a réagi l'actuelle présidente de la collectivité, Marie-Pierre Mouton (LR), dans un communiqué.
A gauche, c'est l'incrédulité. Pierre Jouvet, président du groupe d'opposition socialiste au Département, "condamne très fermement ces agissements, au moment où nous prônons l'exemplarité des élus".


Sur le même sujet

Gérard Collomb sur la candidature à la Métropole de David Kimelfeld

Les + Lus