Pour le journal “le Crestois”, l'heure est grave

Le Crestois est en difficulté / © Nicolas Ferro
Le Crestois est en difficulté / © Nicolas Ferro

C'est le rédacteur en chef, Pierre Brunet, lui-même, qui fait ce triste constat dans un récent éditorial, intitulé "Chronique d'une mort annoncée". Il lance un appel à ses lecteurs...

Par Nicolas Ferro et Yannick Kusy

La Vallée de la Drôme est habituée à ce journal centenaire. Et pourtant, le "Crestois" pourrait bien disparaître.

Le journal "Le Crestois" s'inquiète en effet de son avenir proche. D'ici 5 à 10 ans, si les ventes du journal n'ont pas progressé, l'hebdomadaire local de Crest risque tout simplement de fermer ses portes. Pourtant, ce journal né en 1900, déjà plus que centenaire a connu d'autres crises, mais d'après l'édito publié dans le dernier numéro, "l'heure est grave".

D'après son rédacteur en chef, la situation n'est pas encore critique mais "il est tout de même temps d'expliquer à tous que, malheureusement, Le Crestois n'est pas éternel. Le journal, comme l'imprimerie, peut un jour disparaître et il sera alors trop tard pour régler le problème. L'heure est grave car nous sommes confrontés, depuis plusieurs mois, à de fréquents cas de figure qui nous font craindre le pire si personne ne prend conscience du phénomène."

Le journal, qui a compté jusqu'à 20 salariés en 2010, n'emploie plus aujourd'hui que 12 personnes, rencontre de sérieux problèmes financiers et rappelle, à cette occasion qu'il n'est "pas subventionné par l'État, et que, pour le journal, les seules ressources sont les ventes et la publicité."

Le journal dans sa version papier n'est pas suffisamment acheté (le journal est actuellement tiré à 3500 exemplaires contre 7000 il y a 20 ans)  et les abonnements se sont tassés avec les années ( Le Crestois perd 10% de ses abonnés par an). Sa version numérique apporte un complément au journal mais la concurrence sur internet est si rude qu'une viabilité économique ne peut être envisagée localement.

Dans son édito, le rédacteur en chef lance un appel à ses lecteurs...mais surtout à ceux et celle qui ont l'habitude de faire appel à leur journal : "il nous arrive très fréquemment de recevoir des coups de fil de personnes qui demandent si leur annonce d'événement est bien passée dans l'édition précédente… Il ne leur vient pas à l'esprit d'aller acheter le journal qui leur sert de support !". Il explique, au passage que la version papier du journal est également menacée par ceux qui lisent les articles sans les acheter, dans les bars ou grâce à l'abonnement d'un autre.

Une crise que "le Crestois" tente de traverser avec abnégation "nous allons continuer de travailler avec sérieux et détermination. Nous essayons, chaque semaine, de fabriquer un journal de qualité, avec autant d'actualités que de récits de la vie de notre territoire. Une nouvelle maquette va voir le jour rapidement, et le site, malgré tout, va se doter de plus de contenu. Rencontrer, raconter, faire savoir et faire vivre tout le microcosme local dans son immense diversité est une passion depuis plus d'un siècle !"

Le Crestois est estimé de ses lecteurs depuis des générations. Lu et souvent partagé au sein des familles, il fait si bien parti des habitudes de vie de la population qu'elle n'imagine pas que le journal peut un jour disparaître. Or, la réalité économique s'avère parfois implacable. L'entreprise qui compte 12 salariés va continuer à rendre l'information au plus près des habitants en espérant que son cri de détresse sera entendu.

Une journée portes ouvertes a eu lieu ce samedi 214 octobre, pour découvrir les activités du journal et notamment son imprimerie.
Le journal "Le Crestois" est en péril
Intervenants : Roland Bruyère, petit-fils du fondateur du Crestois / jean-Baptiste Bourde, directeur du Crestois / Pierre Brunet, rédacteur en chef du Crestois - Reportage de Vanessa Fize et Nicolas Ferro


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