Grêle dans la Drôme : la reconstruction après un “sinistre de masse”

Au moins 50 000 déclarations de sinistres ont été déposées dans la Drôme auprès des assureurs, selon une estimation d'assurances, après l'épisode de grêle du 15 juin 2019. / © Fabrice Anterion / maxppp
Au moins 50 000 déclarations de sinistres ont été déposées dans la Drôme auprès des assureurs, selon une estimation d'assurances, après l'épisode de grêle du 15 juin 2019. / © Fabrice Anterion / maxppp

Un mois après l'épisode de grêle particulièrement violent qui a frappé 28 communes au nord de la Drôme, mais aussi des localités d'Ardèche ou d'Isère, le 15 juin dernier, l'heure est à assurer la reconstruction face à "un sinistre de masse". 

Par Mathieu Boudet

Une immense machine se met en marche. Celle des experts, des assureurs, couvreurs, carrossiers, vitriers... Un mois après l'épisode de grêle particulièrement destructeur qui a frappé 28 communes du nord de la Drôme -entre autre- le 15 juin dernier, la reconstruction se profile. Les assureurs sillonnent les routes, missionnent des entreprises, et versent les premières indemnisations. Tous les acteurs semblent se mettre en ordre de marche pour traiter ce que les assurances qualifient de "sinistre de masse".

 

50 000 sinistres repertoriés


Au moins 50 000 déclarations de sinistres ont été déposées auprès des assureurs, selon une estimation réalisée par les plus grandes agences d'assurance du département de la Drôme. Les dossiers portent sur des voitures cabossées, des fenêtres brisées ou encore des toitures endommagées. La commune de Romans-sur-Isère avait été particulièrement impactée par la grêle et tout près de là, presque toutes les toitures de Châtillon-Saint-Jean avaient été plus ou moins endommagées. 

Interrogé par nos confrères de France Bleu, un responsable d'agence d'assurance de Romans-sur-Isère explique que 1 000 dossiers de sinistres ont été ouverts, soit "l'équivalent d'une année et demie d'une agence importante". Jean-Pierre Millet, un autre assureur, a enregistré 160 déclarations en un mois, "En 36 ans de métier, c'est la première fois que je vois un tel phénomène".

Depuis quelques jours, des centaines d'experts sillonnent le département, selon le représentant des agents généraux du département, Thierry Bontemps. Pour répondre à toutes les sollicitations, ils resteront dans le département jusqu'à la mi-septembre. Mais pour l'heure, les procédures semblent avancer sans difficultés. 


"Il faut juste attendre"


Des indemnisations ont déjà été versées aux agriculteurs et aux particuliers les moins touchés. Près de 250 millions d'euros ont déjà été provisionnés par les assurances pour répondre aux besoins des sinistrés drômois. A Romans-sur-Isère, Éric Pouzin est chef d'une entreprise d'électroménager entièrement détruite par les intempéries. Pour l'instant, il n'a pas encore été indemnisé, mais se dit bien accompagné par son assureur : "on en est dans les diagnostiques, et on cherche un autre local pour s'installer temporairement. Ca ne va pas tarder, tous les dossiers sont remplis, maintenant il faut juste attendre." Sur ses 4 salariés, 3 sont néanmoins toujours au chômage technique, indemnisés par l'Etat. L'activité reprend tant bien que mal, avec le service à domicile notamment. Le magasin devrait rouvrir entre février et mars 2020, mais les assurances devraient couvrir les pertes engagées.

 

Mobilisation générale


Sur le terrain, les assureurs sont en train de mettre en place les structures pour traiter les sinistres massivement. Ils font appel à des entreprises spécialisées dans les "sinistres de masse", comme "Safra grêle", pour prêter main forte aux acteurs locaux. Missionnée par les assurances et installée à Albi, elle vient d'installer 2 plateformes de réparation mobile à Romans-sur-Isère pour traiter, notamment, les impacts sur les carrosseries. "Il faut qu'en moins d'un an, tous les véhicules soient réparés, c'est pour ça que les assurances nous missionnent, explique Emmanuelle Saux, Responsable à la communication du groupe Safra. A Romans, on en est à 3 500 dossiers, c'est énorme. Et on va rester plus d'un an, sûrement 18 mois, alors qu'en général on s'installe pour 3 à 9 mois sur les sites impactés."

 

Etat de catastrophe naturelle


L'état, par la voie du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a déclaré 25 communes couvertes par l'état de catastrophe naturelle en Drôme, en Isère, en Ardèche et en Haute-Savoie. Un statut qui concourt beaucoup à l'efficacité des prises en charge dans certains cas extrêmes. L'arrêté du 21 juin  dernier permet ainsi une indemnisation facilitée et une réaction plus rapide pour les agriculteurs notamment. Pour ceux dont les cultures ont été touchées, l'état de catastrophe naturelle permet de couvrir les bâtiments, le mobilier, le matériel ou encore le cheptel dans les bâtiments et les récoltes engrangées. Pour d'autres, une déclaration de calamité agricole et des mesures de soutien aux agriculteurs via des exonérations d’impôt et de cotisations ont aussi été annoncées.





 

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