Enquêtes de Région - Auvergne

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A Ambert, des associations solidaires entre elles et pour les autres

Ambert est une petite ville de 7000 habitants située en plein coeur du parc du Livradois-Forez. Une petite ville qui rayonne sur 55 communes alentour. Une petite ville qui a du coeur, puisque 4 associations caritatives y sont implantées, avec autant de bénévoles prêts à aider ceux qui en ont besoin.

Par Claude Fallas

Excentrée, isolée, enclavée : Ambert se situe à 50 minutes de Thiers ou Montbrison, à 1h10 de Clermont-Ferrand ou du Puy-en-Velay et à 1h15 de Saint-Etienne, dans la Loire. Mais cette situation géographique atypique fait aussi dire à ses propres habitants qu'elle est "centrale". En tous cas, en ce qui concerne la solidarité, elle est inévitable.

Car ce territoire est aussi plus pauvre que le reste du département du Puy-de-Dôme. Sur la Communauté de communes d'Ambert ( 7 communes, 9 423 habitants), en 2011, le revenu médian par unité de consommation est de 18 108 €, un chiffre inférieur à celui du département (19 256 €). Les revenus médians sont supérieurs dans la commune de Saint-Ferréol-des-Côtes. En revanche, ils sont largement inférieurs dans les communes au nord d’Ambert, puisque les ménages gagnent en moyenne moins de 15 000 € par an. 

La part des ménages dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté représente 17,90 % de la population (16,3 % dans le département) soit 786 ménages. Celle dont les revenus sont inférieurs à 60 % des plafonds HLM s’élève à 31,56 % (contre 28,15 % dans le département). Les problématiques liées à la pauvreté sont donc plus nombreuses à l’échelle de ce territoire, en particulier dans les communes rurales.

210 ménages perçoivent le RSA et 1 471 ménages sont allocataires de la CAF. De plus, 868 ménages sont allocataires d’une aide au logement de la CAF. Ce sont principalement des allocataires isolés (54 %), des couples avec enfants (18 %) et sans enfant (14 %) puis des familles monoparentales (14 %).

Pour répondre aux besoins de ces populations, quatre associations sont installées à Ambert et se partagent le travail, dans une complémentarité quasi exemplaire. Les restos du coeur, le Secours Catholique, la maison de l'alimentation et les Petits frères des pauvres ont chacune leurs spécificité, et n'hésitent pas à se donner la main pour résister ensemble au nombre de plus en plus important de bénéficiaires et aux budgets de plus en plus serrés.

Le nombre de bénéficiaires explose, les budgets sont divisés par deux

Aux Restos du Coeur, une trentaine de bénévoles se relaie toute l'année pour donner des repas aux plus démunis. Ils s'appellent, Jean-Louis, Annie ou  Michel, sont souvent retraités et viennent, 3 fois par semaine, collecter, trier et donner à ceux qui sinon, n'auraient rien. L'année dernière, pendant la campagne d'hiver, 350 personnes étaient inscrites. Cette année, ce nombre devrait augmenter. Les finances de l'association, elles, ne sont pas au beau fixe. L'an dernier déjà, le nombre de repas distribués avait été divisé par 2, passant de 2 repas par jour et par personne à 1 seul repas par jour et par personne. Si la situation devait perdurer, personne ne sait encore le choix qui serait fait : diminuer la quantité de nourriture accordée à chacun, ou diminuer le nombre de bénéficiaires...

A la Maison de l'Alimentation, autre nom de cette épicerie solidaire créée en 2009 à la demande d'assistantes sociales et ayant réellement démarré en 2010, la situation est tendue... Cette association, où les bénéficiaires payent environ 20% de la valeur marchande des produits achetés, est elle aussi victime de son succès. En 4 ans, le nombre d'inscrits est passé de 80 à 650. Une progression faramineuse quand on sait que chacun n'y est accepté que pour un temps donné, le temps de se remettre en selle, d'éponger une dette ou de payer une grosse facture. Aux côtés des bénévoles, une assistante sociale aide chacun à s'y retrouver, à passer ce cap difficile, à s'organiser, à gérer au mieux un budget parfois dérisoire... Mais à la fin de l'année, c'est le budget même de l'association qui peine à trouver l'équilibre, notamment à cause d'un loyer trop élevé par rapport aux moyens dont dispose l'épicerie. Si une solution pour un local n'est pas trouvée rapidement, la situation pourrait elle aussi devenir critique.

Le Secours catholique, quant à lui, travaille dans l'urgence. Une note d'essence, d'électricité, de bois de chauffage... Un logement d'urgence... Un lit pour dormir ou une table et une assiette pour manger... Olivier, Jean et les autres sont là pour écouter ceux qui en ont besoin et leur apporter une aide efficace et rapide. Des meubles, ils en ont, stockés dans un local prêté par la mairie. De l'énergie, ils en ont aussi, car chez eux aussi, le mardi après-midi, lors des permanences, les gens affluent. Les dossiers  s'accumulent, alors que leur budget pour l'an prochain vient d'être annoncé à la baisse. Il sera même divisé par 2. Là non plus, personne ne sait encore comment la situation évoluera.

Enfin, les Petits frères des Pauvres. Ils ont une petite antenne à Ambert, sont 5 bénévoles et visitent 8 personnes, chez elles ou dans des maisons de retraite. La question financière de la personne visitée rentre bien sûr en ligne de compte, mais pas uniquement. Rompre l'isolement et apporter une aide morale, c'est aussi leur rôle car la pauvreté n'est pas qu'une question d'argent. Pour eux, l'avenir ne semble pas aussi noir, puisque leur investissement se compte en temps et en chaleur humaine, deux domaines qui ne connaissent pas forcément la crise, ou en tous cas, pas de la même manière

EDR - Banque Alimentaire 21/11/2014 BDA
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