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Enquêtes de région - Auvergne-Rhône-Alpes

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Enquêtes de région. Ce qu'il faut retenir de l'émission consacrée au printemps des écolos diffusée le 16 septembre sur France 3

En juin, l'écologiste Grégory Doucet a remporté la mairie de Lyon aux élections municipales participant ainsi à la vague verte qui a déferlé sur la France en 2020. / © JEFF PACHOUD / AFP
En juin, l'écologiste Grégory Doucet a remporté la mairie de Lyon aux élections municipales participant ainsi à la vague verte qui a déferlé sur la France en 2020. / © JEFF PACHOUD / AFP

Pour sa rentrée sur les antennes de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, le magazine Enquêtes de région s'intéresse au printemps des écolos. Comment gérer l'après conquête de Lyon, Bordeaux, Marseille aux municipales de 2020, quelle stratégie pour la course à l'Elysée, quel écho dans la population... ?

Par Laurent Mazurier

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Un président de la République écolo en 2022, c’est possible

C’est la conviction du maire Europe Ecologie-Les Verts de Grenoble, Eric Piolle. Il l’a dit à Julien Le Coq : les écolos ont désormais la culture de la gagne. Avant, quand ils se présentaient aux élections, ils espéraient au mieux arriver en deuxième ou troisième position et devenir un simple force d’appoint du Parti Socialiste. Aujourd’hui, ils sont les leaders de la gauche et savent construire des campagnes victorieuses, comme ils l’ont montré aux élections municipales en l’emportant à Lyon, Marseille, Strasbourg et Bordeaux et en conservant Grenoble.

Mais pour Eric Piolle, la victoire à la prochaine élection présidentielle suppose que deux conditions soient remplies : il faudrait d’abord que l’ensemble de la gauche, des socialistes à la France Insoumise, s’entende sur un projet ; et qu’ensuite seulement, elle s’accorde sur le nom d’un candidat. Ce nom pourrait-il être celui d’Eric Piolle lui-même ? Sachant qu’un collectif baptisé "Et pourquoi pas Piolle ?" rassemble déjà plus de 500 abonnés sur Facebook. L’intéressé n’a pas dit non…

Signe que les choses ont changé : les politologues eux-mêmes jugent crédible l’hypothèse d’une victoire écologiste à la présidentielle. Nous avons rencontré Florent Gougou et Simon Persico, deux enseignants-chercheurs de Sciences Po Grenoble. Pour eux, les succès des Verts aux dernières municipales vont leur donner de nouveaux leviers pour faire avancer leurs idées et convertir les Français. Mais pour entrer à l’Elysée, il faudra encore qu’ils s’entendent sur l’identité de leur champion (Piolle ou Jadot ?) et qu’ils réussissent à exister quand Emmanuel Macron et Marine Le Pen cristalliseront le débat autour de leur nouvel affrontement.

Le monde rural, aussi, passe au vert

Le vote écolo a longtemps été synonyme de vote bobo, concentré dans les villes et chez les CSP+. Une tendance que confirment les études sociologiques : l’électeur EELV se recrute principalement chez les jeunes, ayant un haut niveau de diplôme et vivant dans les grandes métropoles. Mais les préoccupations environnementales se diffusent dans toute la société. Jusqu’à gagner progressivement nos campagnes. Nous avons enquêté en Haute-Loire, département très rural, et constaté que l’écologie y gagnait du terrain : un peu dans les urnes (Yannick Jadot y a obtenu plus de 11% des suffrages aux élections européennes de 2019, soit 4 points de plus qu’en 2014) et beaucoup sur le territoire, du parc d’éoliennes d’Ally (le plus grand de France lors de la construction de ses 26 machines en 2005) aux vélos et voitures électriques du Puy-en-Velay, les Altiligériens n’ont plus rien à envier aux habitants des grandes métropoles. Les initiatives sont ici principalement portées par les citoyens, les associations ou les entreprises, accessoirement par quelques politiques de tout bord.

L’engagement écologique peut prendre des formes radicales

Il s’appelle Anton Deums. Il a 27 ans et milite au sein du mouvement Extinction Rebellion. L’écologie, pour lui, n’est pas une opinion, c’est une urgence vitale, qui autorise toutes les désobéissances : "A 18 ans, je me suis dit : soit le monde aura changé, soit je serai mort ou en prison", explique-t-il, en évoquant le souvenir d’un frère, mort des suites d’une maladie peut-être due à la pollution. "Je préfèrerais planter des carottes et les regarder pousser plutôt que d’aller sur les ronds-points (…). On le fait par nécessité, on le fait pour nos enfants".
Ce témoignage est à retrouver dans le magazine d’Ingrid Pernet-Duparc et Serge Worreth, qui ont enquêté sur 20 ans d’engagement radical pour l’écologie en montagne. Il y a les anciens, Georges Unia et Jean-Paul Trichet, qui, à la fin des années 90, se sont battus contre le retour des poids lourds sous le tunnel du Mont Blanc. Et puis il y a les nouveaux, Anton, donc, et son ami Jordan Rémy, du collectif Fier-Aravis. Quarante ans de différence d’âge mais le même esprit rebelle, la même rage de convaincre. Les premiers ont juste l’impression d’avoir perdu la bataille quand les seconds croient encore au collectif et au changement social.