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REPLAY. Documentaire : “Les faces cachées de l'Hôtel-Dieu de Lyon”

"La face cachée de l'Hôtel-Dieu de Lyon", un documentaire de 52 minutes réalisé par Hervé Vacheresse, diffusé le 2 décembre 2019 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. / © MaxPPP
"La face cachée de l'Hôtel-Dieu de Lyon", un documentaire de 52 minutes réalisé par Hervé Vacheresse, diffusé le 2 décembre 2019 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. / © MaxPPP

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes vous propose de pousser les portes de l'Hôtel-Dieu de Lyon et de découvrir ses faces cachées. Le film réalisé par Hervé Vacheresse nous plonge dans huit siècles de l’histoire du plus emblématique des hôpitaux lyonnais, depuis sa création vers 1137.

Par Stéphane Moccozet

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Le lundi 2 décembre, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes diffuse à 23h05 un documentaire qui nous emmène à la découverte de "les faces cachées de l'Hôtel-Dieu de Lyon".

Ce monument situé en bordure du Rhône est un objet de fascination. Plus que dans d’autres grandes villes, il entretient avec ses contemporains un lien fort dans lequel chaque habitant se sent investi d’un sentiment d’appartenance évident.

Il faut dire que le plus emblématique des hôpitaux lyonnais se développe pendant presque mille ans au cœur de la ville, en accueillant des centaines de milliers de Lyonnais, de voyageurs, de sans logis, de pauvres et d’indigents venus trouver asile et soins au fil des siècles.

Le film réalisé par Hervé Vacheresse (lire son interview plus bas) nous offre des archives incroyables, des documents souvent inédits, qui font surgir du passé des secrets parfois surprenants jusqu’alors restés emmurés derrière d’imposantes façades.
 

Entretien avec Hervé Vacheresse, le réalisateur


Comment le projet du film Les faces cachées de l’Hôtel Dieu de Lyon est-il né?
Au départ le film m’a été proposé par Arnaud Clavelin, producteur aux Films de la Découverte. L’idée de départ, c’était de laisser aux lyonnais et aux autres, une trace vivante de 1000 ans d’histoire du plus célèbre hôpital de la ville, au moment de sa réhabilitation en un lieu ultra moderne qui n’aura plus le même usage. Je pouvais utiliser toutes les archives existantes depuis le Moyen-Âge jusqu’à la fermeture définitive de l’Hôpital en 2017, c’est à dire des dizaines et des dizaines de mètres linéaires de gravures, de plans, de d’œuvres picturales et de photographies disponibles aux Archives Municipales de Lyon. Un vrai trésor de guerre auquel je devais redonner vie grâce à des moyens modernes d’un studio d’animation.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet de film ?
C’était une opportunité fabuleuse pour moi de réaliser une sorte de « superproduction » de film historique au moment où tout le monde allait redécouvrir Le Grand Hôtel Dieu de Lyon, fraichement réhabilité, après 10 ans de fermeture. Mais ce qui m’a embarqué, ce n’est pas la restauration en elle-même, mais l’idée de plonger dans les coulisses de mille ans de vie hospitalière à travers des dizaines de récits de vie de médecins, de religieux, de malades évidemment, des anonymes aux personnages célèbres. Il y avait aussi l’idée d’avoir carte blanche pour filmer, ce floron de l’architecture européenne qu’est devenu l’Hôtel Dieu au fil de ses projets d’agrandissements. J’avais les images du passé, celles d’aujourd’hui et la possibilité de les juxtaposer pour leur redonner vie et ainsi voyager dans neuf siècles d’histoire.

Qu’est-ce que vous avez le plus surpris en réalisant le film?
D’abord l’attachement que les gens que je croisais, me témoignaient pour ce lieu. J’avais l’impression que chaque personne y était né, connaissait quelqu’un qui était né où y avait travaillé, on ne voit pas ça avec les autres hôpitaux, ouverts ou fermés... Et puis, en commençant à travailler sur ce film, j’ai compris d’où pouvait venir ce lien d’intimité partagé par tant de personnes. En interrogeant les archives, j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt, le dévouement de celles et de ceux qui ont fait vivre l’Hôtel Dieu pendant mille ans. Il faut savoir par exemple que jusqu’au début du 19ième siècle, l’immense hôpital était financé uniquement grâce aux donateurs privés, médecins, religieux ou simples malades reconnaissants, chacun selon ses moyens ou ses propres intérêts évidemment...

Qu’est-ce qui vous a donné le plus de difficultés ?
Raconter une histoire de neuf siècles en faisant les bons choix... Impossible de tout dire évidemment et surtout, je m’étais fait la promesse de faire un film pour tout le monde, pas un film de spécialistes ou d’historiens, tout en maintenant un niveau d’exigence fort. Au début, ça donne le vertige, puis peu à peu les choses se dessinent et deviennent évidentes, il fallait s’approprier les récits et les histoires de chacun pour donner sa propre vision de l’Hôtel Dieu. Cette question du « dévouement » par exemple, restait toujours pour moi un point de repère pour raconter ma propre histoire de l’Hôtel Dieu. Au fur et à mesure que je l’interrogeais, que j’en avançais les vraies raisons, les choix étaient clairs.

Le film s’appelle les Faces cachées de l’Hôtel Dieu de Lyon, quelles sont-elles ?
Évidemment, je vous laisserai les découvrir dans le film, elles sont nombreuses et là aussi c’est une vraie surprise.
Ce que je peux dire, c’est que sur le plan des découvertes médicales par exemple, l’Hôtel Dieu a joué un rôle majeur dans l’Histoire de la médecine. J’ai été aussi surpris par le fait que le sort de l’Hôtel Dieu, ait été souvent rejoint par celui de la grande Histoire de France. Et ceci de façon notable, au moins depuis le Moyen-Âge, jusqu’à libération de la ville par les troupes alliées en 1944. Enfin, il y a une vraie révélation dans le film, mise à nu par un chercheur, spécialiste de la question juive en France.


Pourquoi le choix de Clovis Cornillac pour raconter cette histoire ?
Je recherchais une voix capable d’incarner à la fois toute la magnificence du lieu et de son Histoire, tout en marquant le fait que l’Hôtel Dieu a toujours été l’hôpital de tous, mille ans durant. Clovis Cornillac, lyonnaisd’origine, possède tout ça. Sa voix apporte tout le souffle historique nécessaire mais avec une sorte de gouaille qui nous prend par la main. On devient grâce à lui, des passagers clandestins, embarqués dans les coulisses de l’histoire d’un hôpital, d’une ville et d’un pays tout entier.
 

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